lundi 8 mars 2010

Lettre ouverte de Fanny Cohen Herlem

Bonjour,

je pense qu'il serait temps d'arrêter de s'envoyer des scuds de tous genres à la tête.
Les "acteurs de l'adoption" comme on les nomme pompeusement sont nombreux, différents par leurs fonctions, leur ancienneté, leurs partis pris, leur formation, ...(j'en fais partie...)
Et, en plus, ils se connaissent pratiquement tous pour s'être rencontrés dans des colloques divers et variés, avoir travaillé ensemble, et s'être affrontés, parfois durement, avec, bien entendu, et on l'espère, toujours , "le souci de l'intérêt supérieur de l'enfant", son droit à avoir une famille et non l'inverse.
Pourrait on à partir des questions soulevés par le séïsme d'Haïti, réfléchir également à présent sur la façon de soutenir les familles qui se sont ainsi constituées? Parler des moyens déployés par les Conseils Généraux, qui n'ont pas attendu pour se mettre au travail,
Savoir quels sont les confrères informés et disponibles prêts à ouvrir plus grand leurs consultations, selon quelles modalités? et les appeller à se faire connaître...

Peut-on réellement croire qu'un "sas " non obligatoire de deux jours à Paris pourrait résoudre quoique ce soit, et que les parents et les enfants iront volontiers passer deux jours hors de chez eux pour "un bilan?" ne serait-il pas plus adéquat qu'ils puissent être accompagnés près de chez eux?

Une autre question me paraît majeure, même à retardement: QUI SONT LES SPECIALISTES qui viennent de partir pour une mission d'évaluation de quelques jours? Pourquoi leur nom n'apparaît nulle part? Sans mettre ne cause leurs qualité on peut être surpris de cet anonymat. Et d'ailleurs, peut-on sérieusement penser qu'ils seront à même en 4/5 jours à 4 ou 5 personnes d'évaluer la situation et l'état psychologique de 116 enfants et de les préparer à la rencontre avec leurs parents adoptifs?????
Il y avait déjà eu un groupe de "spécialistes " qui avait proposé un "sas" en Guadeloupe, rapidement annulé....Donc il y a de quoi se questionner...

D'autres questions sont bien entendu à l'ordre du jour, les moyens très insuffisants des COCAS, qui font face autant que faire se peut, mais n'ont pas le temps, ni les spécialistes en nombre suffisant (combien, entre autres, de pédopsychiatres et de psychologues???
La sécurisation des adoptions dans les pays non La Haye, une vraie préparation des candidats à l'adoption, celle des enfants quand elle est possible...
etc...


Dr Fanny Cohen Herlem
Pédopsychiatre

30 commentaires:

Jean-Vital de Monléon a dit…

Ce blog devient à ma grande joie un grand lieu de discussion.

Merci à FCH de sa contribution, en deux mots, elle est pédopsychiatre, ancienne responsable de MDM adoption, elle a travaillé dans différents CMPP, à l'Arbre Vert, etc, etc, elle est aussi membre du SSI comme mon ami Hervé.


....... et nous étions côte à côte avec le MASF et un important soutien "surprise" pour défendre le sort des 116 lors d'une récente réunion importante !

Véronique a dit…

Et bien moi j'aime beaucoup
1) qu'on papote comme ça sur votre blog, qui mérite de mieux en mieux son nom...
2) l'intervention de Mme Cohen Herlem, dont la concision et la clarté sont tout à son honneur.
Merci, madame.
Merci à Vous Dr JVM, d'ouvrir ainsi vos pages à d'autres.

Anonyme a dit…

Avec simplicité et modestie, le docteur Cohen Helmen, pose les bonnes questions sur la préparation des parents adoptifs et des enfants, ainsi que sur le suivi des enfants adoptés.

Elle est l'auteur d'ouvrages sur l'adoption et la famille :

"L'adoption" et "L'adoption : Comment répondre aux questions des enfants""L'adoption d'enfants de cultures étrangeres"...

http://www.agence-adoption.fr/home/spip.php?article195

Loin d'occulter les difficultés de l'adoption, c'est avec avec respect, mesure et empathie qu'elle évoque aussi bien les parents de naissance, les enfants adoptés que les parents adoptifs.

J'apprecie beaucoup ses articles.

Merci pour cette lettre ouverte sans mots blessants pour les uns ou les autres.

Nenette

fanny a dit…

Merci à FCH, pour votre intervention et votre clarté, je suis maman d'un ptit garçon de 19 mois toujour en haiti, comme je suis en début de procédure(ibesr), l'angoisse et le stress est vraiment pas facile a vivre.merci pour cette ouverture d'espri.

z e n c h a dit…

Avec cette lettre ouverte de Fanny Cohen-Herlem, les "traumatismes" sont momentanément écartés.

Anonyme a dit…

Wouah, ce blog devient un lieu réellement interressant de par ces intervenants !!!
Merci Mme COHEN-HERLEM, par contre vos dires m'amène une question : le sas en guadeloupe est annulé, je n'ai pas vu cette information ? En tout cas, je suis d'accord pour penser que la proximité des soins et du milieu familial sont essentiels. Merci encore aux intervenants.
Jérôme

Anonyme a dit…

Zench, je crois que l’on n’a pas la même lecture de cette lettre ouverte, pour moi elle y pose des questions et demande de travailler ensemble pour y répondre sans aucunement oublier les difficultés à venir. Je crois qu'il est préférable d'avoir qqn qui essaient de résoudre les pbm plutôt que les personnes qui bloquent tout en apportant des pseudos solutions inefficaces voir aggravantes...
Jérôme

Thierry a dit…

Content que Fanny Cohen Harlem vienne un peu sur ce blog, je connais Fanny pour l'avoir rencontrée avec mes filles à l'arbre vert.

C'est vrai, vous êtes tous des pros, et vous travaillez pour une cause commune.

Bon je sais que les prises de becs sont communs à toutes les professions, moi aussi j'ai mon avis sur la question, mais je ne me contente que de relater les faits n'étant pas vraiment un spécialiste du domaine de l'adoption

Anonyme a dit…

Merci pour votre intervention... je pense que le rapatriement en Guadeloupe est une idiotie, il n'est pas moins traumatisant que le rapatriement en France à partir du moment où l'enfant est séparé de son quotidien (crèche, nounous, petits copains) avant la rencontre avec les parents, même pour 3 heures au lieu de 12.
Je fais partie des 116 et je mettrai tout en oeuvre pour aller chercher mon enfant en Haiti plutôt qu'en Guadeloupe, je ne souhaite que l'intérêt supérieur de mon enfant... il a besoin d'une transition crèche/parent sur SON lieu de vie et pas avec des étrangers à l'étranger....
Catherine

z e n c h a dit…

@ Anonyme qui a dit "...
je mettrai tout en oeuvre pour aller chercher mon enfant en Haiti ...



EFA déconseille très fortement le déplacement des familles en Haïti

Lire la suite

Romi a dit…

Bonsoir,

Au moins Madame Cohen Herlem vous posez les bonnes questions.

Comment aidez les parents, les enfants une fois les familles réunies ?

Mais aussi, comment aider les parents qui attendent leur enfant. La dépression guette certains parents ... et si jamais ils doivent encore attendre des mois pour aller les chercher ( Je pense aux 600 enfants, ceux qui n'ont pas franchi le cap du jugement). Qui va les aider ? Qui va les écouter ? les comprendre ?
Pensez aux enfants, c'est bien et c'est très important, mais si les parents vont mal, aïe ouille ...ça peut faire mal ...


et pour revenir au propos de Zench :
ce n'est pas parce que EFA déconseille d'y aller, qu'il faille les écouter ...

Les parents agiront en leur âme et conscience.

C'est bien aussi de voir sur place, de voir dans quelles conditions ont vécu leurs enfants ... je comprends très bien l'envie d'aller chercher en Haiti leurs enfants. Mais je sais que le principal problème est de se loger !

Sylvie la Grande Bretonne a dit…

decidement, ce blog est le dernier endroit a la mode.... :o)
j'aime bien ca !!

merci a Mme CH, c'est clair, net, precis et au moins, ca ouvre le debat !
par contre, je n'ai pas compris cette histoire de sas a Paris, et l'annulation de la guadeloupe ? j'ai loupé un episode ?

et je rencherit sur l'anonymat (?) des personnes (medecins ?psy ? )qui ont fait le voyage: pourquoi ce secret ?? jamais bon, le secret...ca laisse la porte ouverte a tous les soupcons, les doutes, les affabulations, les rumeurs .....

Merci en tt cas pour cette contribution !

Sylvie la GB

Brigitte & lilou a dit…

En ce qui concerne l'équipe d'experts, je sais qu'ils ont visité la crèche de ma nièce et ils ont vu très très rapidement les enfants, quelques minutes... pas plus.
Brigitte

Brigitte & lilou a dit…

et docteur... c'est qui l'important soutien "surprise" ???? brigitte curieuse

Stéphane a dit…

Réponse ouverte à Fanny Cohen Herlem (désolé j'ai pas pu m'en empêché) :

Effectivement, nous parents adoptifs, vivons le parcours du combattant, non pas au niveau de l'agrément, qui prend plus ou moins de temps en fonction des régions, ni des procédures des pays dans lequel nous adoptons.
Le parcours du combattant je situe bel et bien en France, après le "sésame" agrément ou il faut nous débrouiller.
Entre, les associations, les démarches individuelles, les pays ouvert ou fermé en fonction des tensions politiques entre la France et d'autres pays ...
AUCUNE information, c'est démerdez vous, ce n'est plus notre problème ou « faites en des vrais » (réponse reçue, celle que j'ai donnée est du même niveau "si c'est pour qu'il vous ressemble autant acheter un canard..."). Je faisait une fixation sur les canards à l'époque.
Le vrais parcours commence quand vous, tous seul dans votre coin, cherchez une association en France, vous écrivez, des lettres de candidatures aux OAA, car en démarche individuel ou hors "lahaye", c'est des pas beaux méchant.
Dans le meilleur des cas les OAA vous répondent, la plus part non, j'ai même reçue une lettre d'insulte d'une OAA car j'ai osé émettre une demande de renseignement complémentaire sur leur organisation.
Concrètement, nous avons perdue 2 ans et demi en démarches vaines auprès des OAA (un agrément est valable 5 ans), tout simplement par manque d'informations.
Une OAA est composée de volontaire (peu nombreux), ils reçoivent environs 70 dossier par semaine en moyenne, il faut écrire plusieurs fois et c'est les OAA qui prennent votre dossier si ils jugent que vous êtes aptes ... (malgré l'agrément). Pour certaines OAA, c'est carrément des sectes (et je pèse mes mots).
L'autre solution, c'est la démarche individuel, il faut trouver des contacts sûr, éviter les pièges divers (escroquerie, bakchich, vol d'enfants aux parents biologique, etc ...) et surtout savoir ou on met les pieds.
J'ai lue avec attention votre travail, oui il faut une formation plus poussée des travailleurs sociaux dans le domaine de l'adoption, mais il faut aussi créer une sorte de "mode d'emploi" aux parents après l'agrément (ou acheter un canard ...).

Une fois que mes enfants seronts là, je vais essayé de faire « ce mode d’emploi » en racontant mon récit. Les hauts, les bas … peut étre avant qu’ils n’arrivent, je ne sais pas.

Brigitte & lilou a dit…

Stéphane l'agrément peut être AUSSI une vrai galère..pour en avoir eu 2.. le premier une vrai démarche de réflexion, le deuxième.. un vrai grand traumatisme... peut être la chose la plus difficile d ma vie d'adulte...
Brigitte

Jean-Vital de Monléon a dit…

Ah y en a une qui suit (c'est comme quand je fais des cours à la fac), bravo Brigitte, surprise donc secréte pour l'instant, une grande dame à qui je rendrai bientôt hommage !

Stéphane a dit…

Non non je n'ai pas oublier que l'agrément peut être aussi une galère.
Pour moi, je suis arrivé en bout de course (fin de l'agrément le 2 février 2010), je devais aller chercher mes enfants fin janvier/février 2010 et passer 2 semaines sur place, car j'ai aussi des amis haïtien à PAP mais surtout à ternier, tout en douceur.
En septembre 2009, après être revenu d'Haïti, nous avons préférer jouer la prudence et demandé une prolongation de notre agrément de 3 mois (valable une fois), et comme je suis un peu sur mes gardes,(vu le nombres de galères limite parano), en parallèle et compte tenu des délais pour l'agrément, nous avons entrepris un renouvellement (j'en remet une couche pour 5 ans).

Nous avons franchie l'étape des assistantes social, bien, elle sont au courant de notre adoptions via la presse locale et aussi par le fait qu'il y a un liens très solide et solidaire avec la région du nord cottentin et Haïti (nous ne sommes pas/plus seul/isolé).

Ce ne seras pas considérer comme un renouvellement mais comme une nouvelle demande, pour le cas ou nos enfants arrivent dans la période subsidiaire des trois mois de prolongation, ce qui nous permet de "remettre le couvert" si nous le souhaitons (d'ici un an ??? jamais ??? qui sait ?).

Reste la passage devant la psychologue, qui travaille dans le même quartier que moi.

Mon entrevue est pour le 11 mars, et j'ai une certaine aprèhantion,, car, malheureusement, les renseignements que j'ai ne sont pas bon, mais je verrais bien.

J'essaye de me dire que tout va bien, mais j'ai un peu de mal avec elle ... professionnellement, pour la vie privée, c'est à voire ...

Moushette a dit…

Merci Dr. Cohen de vous exprimer ici et ainsi !

Comme vous, je m'interroge sur la raison du mystère planant autour de l'identité des professionels envoyés sur place. Comme vous je m'interroge sur l'objectivité de l'état des lieux qu'ils peuvent faire en si peu de temps....

Leurs rapports résumés en 3 mots par un politicien satisferont sans doute le commun des mortels pendant au JT de 20h, mais sont-ils uniquement là-bas pour cela ???? Sont-il partis pour ramener des infos rassurantes que l'opinion publique a envie d'entendre ? Je doute, je redoute, mais malgré tente de leur faire confiance... Mais lorsqu'on n'a pas tout les éléments, on redoute...

QUant au SAS de Guadeloupe je trouve l'idée excellente (je le répète une fois de plus) comme lieu de rencontre entre les familles et leurs enfants, un endroit où il pourraient passer qqs jours ensemble (idéalement une semaine pour moi !), pour se découvrir ou se redécouvrir avant de prendre l'avion pour la France. Pour moi cette période de découverte hors du contexte "maison" est fondamentale, et il faut éviter à tout prix de supprimer ou de la raccourcir à une peau de chagrin. Port au Prince n'est malheureusement plus en mesure d'accueillir les familles adoptantes pour des raisons évidentes, donc voilà pourquoi je suis "pour" le sas de Guadeloupe !!

Y a tant de choses à améliorer dans l'adoption (à commencer par l'étape zéro, l'agrément et la préparation des parents !!!), mais si peu de moyens sont accordés à l'adoption malgré totu les grands discours... A quand une politique à l'italienne pour l'adoption en France ?????

Moushette
Bénévole OAA
Maman de deux trésors nés en Inde

Romi a dit…

Bonjour,

L'important soutient c'est une grande dame ...
bon j'en connais une par sa taille .. :-))
je m'égare ...

Misou a dit…

Merci à Mme Cohen Herlem d'élever et d'élargir le débat au-delà des polémiques.
La préparation à l'adoption, le suivi des enfants sont essentiels. Puisque le Dr Chicoine a été beaucoup cité récemment sur ce blog, il me semble utile de rappeler ce qu'il dit dans ses conférences (et ce bien avant le séisme en Haïti) : pour lui les pays d'accueil et les parents adoptants ont le devoir de faire tout ce qu'ils peuvent pour "réparer les enfants" comme il dit, car les pays d'origine n'en ont pas les moyens. Et d'après lui, si nous ne pouvons ou ne voulons pas y mettre les moyens, il faudrait mieux ne pas adopter ces enfants. Alors le séjour en Guadeloupe ça n'est peut-être pas idéal, on aurait peut-être pu mettre quelque chose en place en métropole, mais c'est quand même une opportunité à saisir pour les parents.

Pour l'anonymat de l'équipe d'experts, ça suscite forcément plein de questions. Mais on peut aussi imaginer que ces personnes n'aient pas envie de communiquer leur nom, histoire de ne pas être inondées de coup de tel et e-mails à leur retour, et de pouvoir reprendre sereinement leur travail auprès des enfants.

jeanmimi a dit…

Idem à Stéphane :
Nous venons de renouveler notre agrément qui se finissait en décembre.
Cela fait donc maintenant le 3 ème que nous obtenons.
Et plus de 10 ans maintenant que nous avons obtenu le 1er pour notre 1ère fille.
Donc plus de 10 ans maintenant que nous fréquentons les psys, assit. Soci. et autres services sociaux.
Autant dire que la saturation et l'overdose (en restant poli) ce fait fortement ressentir surtout envers la 1ère corporation citée...

Toujours idem à Stéphane, nous sommes toujours en train de noircir des pages et des pages de cahier de nos 10 ans d'aventures et mésaventures adoptives pour nos enfants plus tard et dans l'option d'une éventuelle publication.
Et dieu sais si on peu ten avoir à raconter depuis 10 ans que nous sommes sur la brêche et c'est pas encore fini !!!
La 1ère adotion de notre fille (Madagascar)fut aussi très très cahotique et longue.

Les parents adoptifs sont condamnés au purgatoire leur vie entière cela doit être le destin.
On doit nous faire payer quelque-chose mais quoi ?

scrap' à zouf a dit…

j'ai découvert ce blog en surfant car mon petit cousin est arrivé avec "le premier rapatriement du mois de janvier"... outre le fait que j'ai du mal à suivre tous vos parcours on ne peut plus dificile j'entends toujours parler "du traumatisme des enfants" mais je pense aussi(en tant que maman) au désarroi et à l'inquiétude des parents qui attendent depuis presque 2 mois maintenant...
vous parlez "des experts" partis a haiti, mais qu'en est il du "fameux représentant des parents" car à priori, il ne s'agit pas d'un personne faisant parti du collectif...
on parle de rapatriement avec un sas en guadeloupe pour 23 enfants en priorité, mais pareil, pas de nouvelles de ce côté là (annoncé le 04 on est le 10...)

Kakrine a dit…

merci Docteur de nous permettre d'avoir les témoignages de spécialistes en ouvrant votre blog! c'est une super-initiative, un grand merci!
Et merci à F Cohen-Herlem pour son pragmatisme, son empathie et les bonnes questions posées!
Le soutien des "professionnels de la profession" fait du bien en ces périodes difficiles! Et pouvoir ouvertement dialoguer et échanger avec ces "pointures" est vrai plus.
un GRAND merci.
Kakrine, en attente d'adoption en Thaïlande depuis 17 mois.

tingting a dit…
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les bolomigs a dit…

Visiblement, et malgré l'avis d'énormément de psy... Le SAS de la Guadeloupe est de retour, avec interdiction aux familles de voir leurs enfants le premier jour et les suivants de 17h à 9h !!!

Non vraiment, là l'intérêt de l'enfant n'y est pas. M. Levy-Soussan, Mme Marinapoulos : est-ce cela que vous vouliez ? Je vous appréciais beaucoup maintenant je doute... Mais bon sang, qu'avez-vous dit, qu'avez-vous fait ? Dites le nous, qu'on sache qu'au moins que ça n’est pas vos propos qui sont nuls mais leurs interprétations !
Mme Marinopoulos, vous vous êtes exprimé sur ce blog pour dire votre CV, mais pas pour dire ce qui concerne ce blog : l'adoption, et ce que vous avez vu et dit à Orly !

Le 31 janvier, j'étais à Orly de 6H à 12h30, 20 enfants de membres de mon association, Les Bolomigs, y arrivaient. Hasard d’événements, ma mère était mourante à l’hôpital de Massy tout proche, j’étais à son chevet depuis 3 jours, alors que j’habite le village le plus à l’ouest de France : Plouarzel, c’est d’abord pour cela que j’étais en région parisienne, mais je ne pouvais pas ne pas me rendre à l’arrivée des Bolomigs ! Je suis présidente de l’association qui a pour but d’aider les adoptants, les adoptés et des orphelinats étrangers.

Un des membre m'a proposé d'aller dans le SAS avec lui, j'ai refusé parce que j'étais là pour tous je suis resté dans le hall. Et là j'ai vu un ballet de futurs parents, caricature du plus mauvais Tex Avery : les parents, hommes et femmes venant tirer sur une clope, manger un truc, boire un mauvais café. Pourquoi ? Parce que leurs enfants étaient derrière un paravent depuis 4h ! Ils les entendaient : jouer, pleurer, chanter et n’avaient pas le droit de les voir. Certains les ont déjà vus lors de la signature du jugement, tous les ont vus en photos, ont échangé des cartes postales, des photos, des vidéo, des coups de fils, des contacts par web cam… Et là, ils n’avaient pas le droit de les voir ! ? Des animateurs de la croix rouge venaient aussi à la pause « clope » et racontaient leur expérience, pour certains c’était l’expérience de leur vie. Une jeune femme bénévole de la croix rouge téléphone devant moi à sa fille de 8 ans en garde chez la grand-mère : « maman, je suis fière de toi ! Fière que tu es sauvé un enfant d’Haïti ! » Et la jeune femme pleurait d’émotion, du soutien de sa fille qu’elle avait confiée pour 48 h, pour faire une bonne action humanitaire. Nous parents adoptants, ne faisons pas une adoption pour sauver un enfant, mais pour aimer un enfant qui a le droit à une famille, lui qui n’en a pas une qui peu le faire et parce que malgré beaucoup, malgré tout, nous voulons devenir maman ou papa.

Ce jour là, j’ai vu ensuite des familles sortir avec leurs enfants, je n’ai vu que des enfants lovés dans le sein de leurs parents adoptifs. J’ai pris le temps de parler avec beaucoup, parfois longuement avec certain, et même quand j’ai dit quelques mots de créole, ils restaient bien sérés dans les bras, parfois s’endormant. Educatrice de jeunes enfants de formation de base et psy par la suite, je n’ai rien vu d’anormal. Une procédure d’adoption qui commence, avec l’apprivoisement bien engagé pour beaucoup, à la manière du petit prince de St Exupéry, les enfants ont apprivoisés leurs parents, les parents ont apprivoisés leurs enfants.
.../...

les bolomigs a dit…

.../...
Ces rencontres n’ont fait penser à celle que j’avais faite deux ans plus tôt avec ma file. Comme moi tous avaient une petite valise avec des vêtements choisis longuement avec tout l’amour et le temps que la procédure donne. Pourquoi des vêtements ? Non pas pour effacer le passé, mais tout simplement parce que d’un pays où il fait 40 degré, notre enfant se retrouve à Orly où il fait 1 ou 2 degré ! Les vêtements qu’ils avaient, je suis certaine qu’ils sont rangés précieusement dans presque toutes les familles dans une boite à « racine », à « souvenir », des « origines »… Moi nous plus je ne crois pas à la lettre de la mère de naissance déchirée devant tout le monde, certes certains adoptants veulent oublier que l’enfant est adopté, mais comme ils savent tous que pendant un an ils sont évalués dans le cadre de la procédure normale d’adoption française, excusez moi, mais je doute Mme Marinapoulos !

Le SAS en Guadeloupe est remis en fonction ! Et les directrices des orphelinats qui ont des passeports et qui ont proposé d’accompagner les enfants ont été refusées ! Les directrices des orphelinats en Haïti, sont comme des mamies pour les enfants, elles ont souvent un cœur énorme, et les enfants les adorent, pourquoi avoir refusé que certaines soient bénévoles pour accompagner les enfants d’Haïti en Guadeloupe ou à Orly ? On sait que le trauma ne vient pas suite à un temps long d’exposition à la souffrance et à l’incompréhension, une seule seconde suffit à gâcher une vie entière… Une tête connue, aimée et de confiance peut éviter cela : M. Kouchner, s’il vous plait, pour la santé psychique des enfants, accepté que des professionnels haïtiennes connues des enfants et ayant un passeport, accompagnent les enfants, au moins une par crèche, même si on complète le staff par des bénévoles Croix-Rouge ou autre, ils font bien leur travail bénévole, on en est sûr, mais ils ne peuvent avoir la confiance des enfants, encore moins que les futurs parents. Où est la logique ? La compétence ? Faites confiance aux parents, aux enfants et aux professionnels haïtiens. Vous ne voulez pas que les adoptants partent comme avant en Haïti et pourtant vous avez refusé de valider par un visa 20 dossiers qui viennent d’être jugé par Haïti, sous prétexte que maintenant il faut reprendre la procédure normale ? Et bien la procédure normale d’adoption franco-haïtienne, c’est que les parents partent chercher leur enfant en Haïti. Presque tous les orphelinats peuvent, comme auparavant, accueillir les parents, et accueillir la rencontre entre l’enfant et les parents. Sinon, où est la logique ? Si vous faites les transports des enfants vers la Guadeloupe, signé les visa de tous les dossiers jugés à ce jour !

Par pitié accepté au moins que les enfants soient accompagnés en Guadeloupe par une personne connue jusqu’à ce que la phase d’attachement s’enclenche chez les enfants, comme chez les adultes qui les adoptent ! Dans toutes les crèches haïtiennes vous avez du personnel avec des passeports tout simplement parce que les crèches étaient souvent obligées d’aller s’approvisionner en République Dominicaine… De grâce, M. Kouchner, de recommençons pas le drame de l’exode des enfants londonniens qui ont permis de découvrir au début du siècle l’hospitalisme !!!

Armelle Normant

jeanmimi a dit…

Joli discours de "Les bolomigs" que j'approuve à 100 % j'aurai pas dit mieux ou alors la même chose au mot près.
Merci pour ce discours sensé.
Mais comment le faire comprendre et faire entendre raison à la petite minorité décidant à notre place de ce qui est mieux pour nos enfants ?
Purée ce qu'il y en a marre !
Plus de 2 mois maintenant que ce séisme à eu lieu et rien n'a avancé d'un pouce dans la situation de nos enfants en cours d'adoptions .
C'est même pire qu'avant puisque rien ne sera fait pour eux maintenant par la France qui s'en lave les mains !
Nos enfants sont repartis pour des semaines et des semaines (voir des mois) d'orphelinats !!!!!
Une telle situation dépasse l'entendement humain, c'est tout simplement pas possible d'être aussi obtus et d'y mettre une aussi mauvaise foi ou mauvaise volonté !
Nous avons atteint les sommets de la bétise humaine et je reste poli.

bader a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
MOSER a dit…

Bonjour Madame Fanny Cohen Herlem. Je ne sais où m'adresser pour pouvoir publier un livre sur une biographie concernant mon adoption. Sans prétention, je voudrait que ce livre soit lu afin que tous ceux qui ont envie d'adopter un enfant puisse avoir connaissance d'erreurs à ne pas commettre.Je tiens à répéter que ce n'est nullement une question de réussite ou de gros sous, mais un "AU SECOUR, LISEZ, CA PEUT VOUS ARRIVER!!!!"
A qui puis-je envoyer par mail quelques pages de mon livre afin qu'ils puissent comprendre le sens de cet "appel". Merrci de me répondre. Bernadette