mardi 10 novembre 2009

Antonin

Peut être que cela s'écrit Anthonin d'ailleurs. Beaucoup de choses restent un peu mystérieuses pour ce petit bout, qui était placé, à la demande des services malgaches, depuis seulement quelques heures à Akany Sambatra quand j'y suis arrivé.
En tout cas, c'était un sacré beau bébé, de deux mois et demi, particulièrement vif et éveillé. Curieux et assez désireux de se faire de nouveaux amis.

Je te souhaite plein de bonheur gros bébé, j'ai été très content de discuter un grand moment avec toi, de provoquer tes "Areuh". Pendant 6 mois, tu seras bien, tout le gentil personnel d'Akany Sambatra va te gâter, te câliner comme ils le font déjà avec les copains. Ensuite, cela devrait être encore mieux, je te souhaite de rencontrer un Papa et une Maman qui seront tout heureux de te faire une grande place dans leur vie et dans leur coeur, pendant encore quelques mois tu seras avec eux sur ta grande île rouge, avant de gagner la France ou la Suisse.

Mon rêve serait de te revoir pour un bilan d'arrivée, pour reprendre nos grandes conversations....

lundi 9 novembre 2009

Akany Sambatra




Après Akamasoa, le village du Père Pedro, le mercredi à midi, j'ai eu l'impression de pénétrer à nouveau dans un havre de paix, loin de l'agitation, de la frénésie, de la pollution et de la misère criante de Tana.
Akany Sambatra cela veut dire la maison du bonheur, cette structure a été créée par l'association suisse Familles sans Frontières une association créée par une famille adoptante, tombée amoureuse (comme il se doit) de Madagascar et décidée à faire quelque chose pour les enfants de ce pays. FSF soutient des projets éducatifs, des projets médicaux et s'occupe de cette petite structure en banlieue d'Antananarivo, et qui a deux buts principaux, s'occuper de l'adoption d'enfants et fournir un lieu d'accueil à des enfants sans parents ou dont les familles sont en grande détresse sociale.
Ce n'est pas une famille, c'est bien plus grand qu'une famille, il n'y a pas de foyer nucléaire comme dans un famille telle que nous la connaissons en Occident, c'est plus une sympathique tribu, un "foyer" aussi tant on sent une harmonie, un esprit de corps dan ce petit groupe humain.
Pour donner quelques chiffres, c'est actuellement 26 enfants, divisé en deux catégories. Les grands, qui sont parrainés, chacun a sa famille suisse (ou française) qui verse environ 50 francs suisses chaque mois pour assurer l'hébergement, la nourriture et l'éducation de cet enfant. Parrainage qui se poursuivra, même quand l'enfant deviendra plus grand et qu'il quittera cette structure. Il la quittera mais y reviendra chaque mois pour faire le point avec les responsables et pour recevoir son parrainage qui lui permettra de poursuivre ses études et de s'installer dans la vie. Et puis, les petits : le plus jeune a deux mois et bénéficiera bientôt d'un article rien que pour lui... Je ne vais pas vous montrer des photos des plus jeunes, pour respecter leur intimité, celle de leur futures familles et parce que même si j'espère être à cent lieues de cela, je ne veux pas que mon blog puisse à être assimilé au moindre catalogue... Ma crainte concrète serait qu'après avoir vu tous ces petits qui sont magnifiques, de nombreux postulants se battent pour que FSF leur permette d'en adopter un. Un prochain post vous expliquera les nouvelles modalités d'adoption à Madagascar, et qu'il est impossible maintenant de passer directement par un OAA pour se voir proposer un enfant donné, la Haute Autorité Malgache centralisant tous les apparentements. Tout cela pour vous dire que ces petits sont bien traités qu'ils ont leur dose de biberons, de riz, de viande et de légumes et plus encore de câlins.
Akany Sambatra c'est aussi si je ne me trompe 17 employés, des nourrices, une cuisinière, une intendante, une secrétaire, une lingère, des gardiens, une institutrice, un chauffeur, et j'en oublie. Les enfants vont à l'école du village, mais l'institutrice leur permet de faire leur devoir, d'aider ceux qui ont de mal à rattraper un bon niveau.
Et les rôles sont parfois, si ce n'est interchangeables, tout au moins adaptables. Je vous ai déjà parlé de Monsieur Tina, le chauffeur, choisissant le riz sur le marché, lors du repas pris en commun j'ai pu aussi admirer sa patience et sa gentillesse de père de famille pour faire manger une petite "terrible".
Il y a même en ce moment une jeune femme japonaise, volontaire humanitaire qui, entre autres soins, dispense quelques cours de japonais aux jeunes pensionnaires !
Et puis il y a Irena et Jack, ce jeune couple de retraités, elle de l'enseignement, lui de l'armée, qui, se sentant encore en forme et utiles, plutôt que de pêcher à la ligne, se lancer dans la collection de capsules de bière ou faire une autre activité tout aussi intéressante, on fait ce choix. Je vais vous dire un truc : si je les admire, je les envie encore plus, la gestion de ce lieu qu'ils assurent bénévolement, est une merveilleuse aventure. J'espère que ma retraite ne sera pas trop aux alentours de 70 ans,et que je serai en forme, car cette aventure me tenterai bien.
Irena et Jack sont particulièrement actifs, depuis leur arrivée, ils ont mis en place des nouveautés, un terrain de volley pour des parties endiablées, un jardin pédagogique que vous voyez en photo, où chaque enfant a sa petite parcelle où il fait pousser ce qu'il veut (les filles ont choisi légumes et fleurs, les garçons que des légumes, tiens donc !). Ils ont une attention de chaque instant pour tous ces enfants, qu'ils connaissent si bien. Ils sont la Tati et le Tonton, c'est ainsi que les enfants les appellent et ont une bienveillance toute maternelle et paternelle vis à vis de toutes leur petite tribu. C'est à dire de l'affection mais aussi des règles, des barrières qui sont parfois nécessaires pour des "grands" qui débarquent de la rue, c'est à dire de la jungle.
Et tout cela combien ça coûte, et bien Jack m'a dit arriver à boucler son budget avec à peu près 5000 euros chaque mois, ce que toucherait en France un directeur d'orphelinat... 5000 euros pour assurer la location des lieux, la nourriture pour tous, les frais d'habillement, et et le salaire des 17 employés ( qui sont d'après ce que j'ai compris, bien payé pour Madagascar)... 5000 euros pour environ 45 personnes, ça fait pas très cher pour tant de bonheur !

jeudi 5 novembre 2009

Macho(s) honteux à Antananarivo

Message très personnel, presque Hello Kitty pour reprendre le terme consacré !

Depuis mon retour je vous parle beaucoup de Hervé (mais qui est Hervé ?), de Jack (dont vous en savez un peu plus, et dont vous en saurez encore plus bientôt), mais pas beaucoup des dames...

Pourtant à Mada (comme en France), il y a des dames qui tiennent sacrément la route. A tous les niveaux et au niveau le plus bas, on a même l'impression sur place, que beaucoup d'hommes ont baissé les bras, quand les mamans se battent encore pour leur famille et leurs enfants.

Une petite explication : depuis ma plus tendre enfance, sans doute parce qu'un de mes oncles et une de mes tantes habitaient là-bas, Madagascar est le pays qui me fait le plus rêver. Et c'est aussi le pays qui fait le plus rêver ma femme, pour nous le voyage à Madagascar est mythique, tellement mythique que quand nous avons habité 6 mois à La Réunion, nous avons fait l'impasse sur Madagascar, car n'ayant pas la possibilité de se libérer les 3 semaines minimales pour avoir un aperçu de la Grande île, nous avons remis notre voyage à plus tard.
Résultats des courses, je viens de partir, un peu (beaucoup) honteux seul dans ce pays de rêve, rêve qui se confirme entre les coups de coeur et les coups dans l'estomac, qui me donnent envie de revenir au plus tôt !

Sur place je suis tombé sur Hervé (mais qui est Hervé ?), encore plus bourlingueur que moi, aussi fou amoureux transi de Madagascar que moi, qui découvrait lui aussi cette île. L'épouse d'Hervé fait aussi partie du club des foux amoureux de Madagascar et qui rêvent de connaître cette Grande Île, et elle aussi était restée à la maison ! Nous étions donc deux observateurs célibataires honteux, prenant pleins de photos, et trouvant un peu d'artisanat pour nous faire pardonner au retour à la maison. On n'a pas eu trop le temps de faire du shopping, mais le magnifique artisanat malgache on le trouve au coin de chaque rue !

Mais, l'un des deux machos honteux de Madagascar voulait profiter de ce post pour rendre hommage à pas mal de grandes dames rencontrées à Tana :

Irena : c'est la femme de Jack et dans le prochain post vous découvrirez tout l'excellent travail de couple qu'ils font, car c'est vraiment un travail de couple. Si Irena n'était pas avec nous au marché d'Anosi be, c'est qu'elle était au colloque elle !

Emmanuelle : la volontaire de l'aide internationale et à l'adoption pour Madagascar. Une Rama's girl, elle aussi passionnée de Mada et volontaire (c'est le cas de le dire) à tout faire pour aider les enfants. C'était la cheville ouvrière de ce très beau colloque.

Annick : Madame le Professeur Robinson, chef de service du côté pédiatrique de la maternité d'Antananarivo, qui est en train d'harmoniser, la prise en charge médicale des enfants dans les orphelinats. Nos échanges ont été bien instructifs, et me donnent envie de créer une association (ou une amicale ce serait encore mieux) des médecins de l'adoption, avant et après.

Monique : elle a été la présidente de séance de notre session médicale. Une grande dame de Madagascar, qui aime son pays, son peuple et qui se dévoue pour les enfants (création d'orphelinat, etc).

Je rajouterai Hélène qui n'était pas à Madagascar (c'est d'ailleurs dommage son témoignage aurait lui aussi eu du poids pour les responsables malgaches), mais dont les conseils m'ont accompagnés. Hélène est la présidente du Mouvement pour l'Adoption Sans Frontières, qui regroupe beaucoup d'APPO. Elle est aussi la fondatrice de l'AFAENAM, sigle que j'estropie régulièrement qui est l'APPO des parents de petits malgaches.
SI Hélène n'était pas à Madagascar, je crois qu'une partie de son coeur et de son âme y est encore.

Orphelinats de Madagascar

J'ai toujours pensé, et je l'ai répété aux malgaches que les orphelinats de ce pays sont des endroits biens, des lieux où il y a de la chaleur humaine, ingrédient indispensable dans un orphelinat.

Une phrase que j'aime à répéter : "Je préfère un orpheliant malgache où les apports nutritifs ne sont pas toujours optimaux, mais où il y a chaque jour des câlins et des sourires, à un orphelinat roumain où les enfants sont bien nourris mais où ils n'ont même pas un échange de regard !"

Sans généraliser bien sûr, il y a des orphelinats roumains tout à fait humain, mais c'est malheureusement historiquement dans ce pays que l'on a vu des choses assez terribles.

Bien avant le Rova, ou un marché (quoique vous avez pu constater combien se ballader dans un marché peut être remuant), mon souhait de "visite" pour mon court séjour malgache était de voir et de passer du temps dans un orphelinat.

Grace à Jack et Irena (mais qui est Irena ?), et accompagné par Hervé (mais qui est Hervé ?) j'ai pu en visiter un... peut être la Rolls des orphelinats, je n'ai pas de points de comparaison... mais encore un endroit où mon enthousiasme a enflé...

La suite demain...

mardi 3 novembre 2009

Le jour où je t'ai rencontrée



Je ne t'ai dit que quelques mots, pour te demander la permission de te prendre en photo, tu as gentiment accepté, prenant une pose grave, sérieuse, puis tu as jeté un coup d'oeil à la photo sur l'appareil avant de repartir à ton boulot. Je ne sais ni ton nom, ni ton âge. Pourtant ta photo est maintenant sur mon bureau à l'hôpital, au milieu de toutes celles de ma famille, avec celle où je suis avec le Père Pedro. Ces deux photos m'aident à me secouer, à en faire plus quand je m'endors sur mes lauriers, à me rappeler l'urgence.
Tu es belle, pour ne pas dire magnifique, et chaque fois que je te vois, j'ai "la grosse boule" à l'estomac, et des picotements dans les yeux, et en même temps de la motivation pour le travail, pour ne pas se décourager et tenter d'en faire toujours un peu plus pour les enfants, pour tous les enfants du Monde, pour que des êtres humains ne soient plus obligés de faire le même boulot que toi.
C'est quoi ton boulot, si je l'ai mis en devinette, c'est pour marquer le coup, que vous soyez aussi surpris que moi en découvrant cela, un grand coup de poing dans l'estomac, ça fait mal, mais ça réveille ! Ce boulot donc : ramasser la poussière avec ta pelle et ta balayette, autour des étals, des sacs de riz (comme en voit derrière la photo de ton "collègue"). Glisser cette poussière dans un petit sac en plastique pour en faire après le tri et récupérer les quelques grains de riz qui constitueront ton repas.
Je n'étais qu'un vazaha que tu as croisé, que tu as vite oublié sans doute, tu as d'autres soucis, moi je ne suis pas près d'oublier ton regard.

Que dire de ton "collègue" qui fait le même boulot que toi ? Son regard est si doux, il a l'air si gentil qu'on a envie lui aussi de le prendre dans nos bras, de le protéger, de tout faire pour le sortir des tentacules de la misère et éviter qu'il ne tombe pas dans des mains mal intentionnées.

Chers lecteurs ne soyez pas juste voyeurs, j'espère que cette petite fille va vous toucher comme elle m'a touchée et me touche encore. Il n'est pas donné à tout le monde d'être un Père Pedro, mais chacun à notre échelle nous pouvons faire quelque chose pour que la vie de tous les enfants soit un peu meilleure.
Excusez ma sensiblerie, mais la rencontre de cette puce et de ce petit bonhomme qui a duré moins d'une minute m'a bouleversé. Avec celle du Père Pedro, ces rencontres auront été les plus marquantes de mon voyage.

Les gavroches d'Anosi be






Ils étaient tous tout excités de se faire photographier.
De quoi vivent-ils ? Ont-ils une famille ?
Beaucoup d'interrogations, d'inquiétudes, mais leur joie faisaient plaisir à voir... et les mangues étaient bonnes !
La rencontre avec d'autres petits gavroches vus dans ce marché m'a marqué pour longtemps. Prochain message....

Marché d'Anosi be, suite des photos





Ambiance.