dimanche 14 novembre 2010

Et la famille comment ça va ?

Petit billet d'humeur de début de semaine, il se veut totalement apolitique mais plus "attristé".

On a encore changé de ministre de la famille... et donc de l'adoption, ce qui veut dire qu'il faut repartir à zéro (ou presque) avec un nouveau cabinet pour tout expliquer les problèmes, dont certains sont particulièrement aigus : Haiti (et les enfants attribués qui y restent), les adoptions simples prononcées par excès et bien entendu les consultations d'adoption qui n'ont toujours pas de reconnaissance, d'aide, etc....

Ce qui m'énerve pas mal en tant que vieille rombière (et les habitués de ce blog savent que je revendique ce titre), c'est que le mot famille n'a pas été prononcé dans l'annonce du gouvernement, cette institution qui me semble essentielle, une des bases primordiales de notre société et de beaucoup d'autres sociétés. A cette heure, j'ignore quel ministre s'occupera de tous ces dossiers familles (pas seulement l'adoption) qui me, qui nous tiennent tant à coeur !

jeudi 11 novembre 2010

PLS sur TF1

Je suis arrivé à retrouver l'interview de Pierre Lévy-Soussan dont me parlait Greg dans un dernier commentaire.

Même s'il est maintenant considéré comme le diable par beaucoup de parents adoptifs, j'ai été agréablement surpris par cette interview et j'ai retrouvé celui avec qui j'aimais discuté avant "Haiti", et avec lequel nous nous retrouvions sur beaucoup de sujets !

Bon, il y a des choses où je ne le suis pas, bien sûr :

- Il force un peu trop sur les facteurs de risques parlant d'interdire plus que d'accompagner.

- Sa description de la Convention de La Haye est trop caricaturale, beaucoup d'adoptions non la Haye sont d'une propreté sans faille.... la réciproque est aussi vraie !

- Son aspect trop psy et sa généralisation des problèmes s'expliquent par son activité, contrairement à moi, il ne voit que des enfants qui ne vont pas bien.... mais il faut se méfier de la généralisation.

- Ce qui me choque vraiment c'est la dernière question où sur les coûts, il ne reprend pas la parole du journaliste qui parle d'achat d'enfant. L'adoption coûte cher mais tout n'est pas de l'argent sale, et qui ne dit mot consent. Dire que les enfants adoptés sont achetés dans une émission grand public est dangereux.

Je ne m'explique toujours pas son comportement pour faire arrêter les évacuations de Haiti. Je n'ai pas parlé avec lui depuis, et je me pose encore des questions sur ses motivations : service commandé ? besoin de pub ? Coup de gueule un peu trop amplifié et qui l'a dépassé (la solution que je préférerai) mais il devait savoir qu'entre deux mots il fallait choisir le moindre !


PS : vous pouvez manifester votre accord ou votre désaccord, avec son interview et mes commentaires, mais pas de lynchage...

Julien

Entre nous, les docteurs de l'adoption, on se surnomme souvent en utilisant des termes familiaux. Ainsi Jean-Jacques est notre "grand frère" à tous, grand frère pour lequel nous sommes remplis d'admiration et de respect.


Je me retrouve un grand nombre de petites soeurs (et oui c'est surtout des filles !), que j'aime bien et pour lesquelles j'ai beaucoup d'amitié, d'affection, ce sont toutes celles qui sont venues se former en me suivant pendant quelques jours à Dijon ou en suivant mon p'tit diplôme.


Je vais maintenant vous dire un mot de "mon fils" dans l'adoption : Julien.


Cela faisait longtemps que je voulais parler de lui dans mon blog et je ne le fais pas pour augmenter la proportion d'adoptés dans mes grands prénoms de l'adoption.

Je l'ai vu débarquer un jour dans mon bureau, ce "membre passif de Racines Coréennes" comme il se décrit lui-même, toujours très calme, très poli, serein comme il l'est toujours. Il était envoyé par un de mes anciens internes qui lui avaient conseillé de s'adresser à moi pour un sujet de thèse.

J'ai osé lui confier la thèse dont je revais celle reprenant toutes les données socio familiales des 800 premiers enfants vus à ma consultation. Le résultat a été au-delà de mes espérances. En dehors de sa thèse, cela n'a été présenté que dans des petites réunions (dont au CSA). Julien la présentera bientôt à la Journée Elisabeth Rousseau (mais qu'est ce donc que cette journée ? vous en aurez bientôt des nouvelles), et je la présenterai quant à moi à la prochaine réunion annuelle de la Société Française de Pédiatrie.

C'est grace à ce travail de romain que nous avons pu bine préciser les causes de la séparation et les causes de l'adoption. Le boulot effectué par Julien a été magnifique et notre collaboration et l'amitié qui en résulte excellente.

Julien est depuis "mon fils" et l'une de ses filles est devenue ma petite-fille (pour une raison que je tiendrai secrète). Lorsqu'il y a quelques années on me faisait miroiter de créer un centre de l'adoption qui pourrait vraiment aider les familles dans des délais raisonnables, et que j'espérai deux médecins pour gérer cela, c'est à lui que je pensais pour m'accompagner. Depuis il s'est installé en ville, il a bien eu raison de ne pas trop attendre de ces promesses et ce sont ses patients de la proche campagne dijonnaise qui ne peuvent que s'en féliciter.

Je terminerai en remerciant Julien, un compliment qu'il m'a fait est sans doute un des plus beaux
encouragement que l'on m'ait fait et celui-ci m'a aidé à poursuivre ma tâche, quand tout n'allait pas toujours bien. C'était quand il suivait mes consultations très régulièrement, à une époque où j'étais son grand maître de thèse et lui mon jeune padawan (il me vouvoyait encore), à l'issue d'une longue journée de consultations, la petite phase qui m'a tuée, d'autant plus qu'elle venait d'un adopté : "Enfant et adolescent, j'aurai voulu avoir quelqu'un qui me parle de l'adoption comme vous le faites à vos patients."

Sortez les mouchoirs !

dimanche 7 novembre 2010

L'adoption peut elle résister à l'adolescence ?

C'est le titre d'un article que j'ai écrit il y a quelques mois et qui vient de paraître dans la revue Pédiatrie Pratique, un petit mensuel, avec un rédacteur en chef bien sympa, et qui est extrêmement lu par mes collègues pédiatres, un bon moyen de briser la généralisation !

Bonne lecture.

Parmi les nombreux lieux communs qui sont répandus sur l’adoption (1), et qui reviennent souvent dès que ce phénomène social est évoqué, celui des difficultés à l’adolescence est un des plus répandus. Pour certains, il semble évident qu’un adolescent adopté ne peut aller bien, ne peut être serein dans son esprit, et que cette période, déjà critique pour le tout venant, le sera encore plus quand on est élevé par des parents adoptifs. Si, effectivement, l’adolescence est une période parfois difficile, les causes des soucis sont très diverses.
On assiste parfois à des phénomènes de mode. Longtemps, ce fut une espèce d’obsession de la recherche des origines, qui fut mise en avant comme un destin auquel, l’adolescent puis l’adulte adopté ne semble pouvoir échapper. Alors que la plupart des adoptés, s’ils avouent être intéressés par ces fameuses origines reconnaissent que cela n’a rien d’un handicap pour continuer à mener leur vie sereinement. Quand les repères sont bien présents dans la famille adoptive, les liens du sang sont moins essentiels, l’important est d’avoir des parents sur qui compter, quelque soit le mode de filiation. Depuis une dizaine d’années ce sont les troubles de l’attachement, la difficulté à établir des liens forts avec leurs parents qui sont brandis comme la cause principale du mal être des adolescents adoptés, diagnostics parfois proclamés alors que ces adolescents semblaient avoir jusqu’alors des attaches solides avec ceux qui les ont élevés, ainsi qu’une affection réciproque.
Bien entendu, il n’y a pas qu’une étiologie unique, mais une multitude de causes qui peuvent expliquer les troubles psychologiques des adolescents adoptés.

Cinq catégories étiologiques peuvent être définies, souvent entremêlées les unes aux autre. Elles permettent d’expliquer les différentes causes des soucis des adolescents adoptés. Il est utile afin de ne pas se fourvoyer d’avoir cette notion d’hétérogénéité :

1- L’avant adoption.
C’est tout ce qui concerne ce qui s’est passé avant l’adoption.
Cela commence par l’inné et si on sait que la génétique joue un rôle, il est parfois dangereux de l’évoquer au moindre comportement suspect, à la moindre déviance. La petite phrase : « On connaît pas les gènes ! » est facile et dangereuse. Cette première étiologie doit rester un diagnostic d’élimination.
En plus de l’inné, il y a tout l’environnement que les enfants ont dû subir avant l’adoption, d’éventuelles maltraitances et carences qui peuvent peser grandement sur l’évolution psychique. Un orphelinat, même chaleureux et humain reste un orphelinat, un temps prolongé dans un tel endroit gêne à l’adaptation pour la vie future.

2 – La séparation et l’adoption
L’adoption est provoquée par une séparation, ce qu’on appelle trop souvent un abandon, sans chercher à voir plus loin pourquoi une famille biologique a fait le choix ou a été contrainte de se séparer de son enfant.
Les causes de séparation sont multiples :
- Problèmes socio-familiales et économiques : de loin les plus fréquentes, la structure familiale et les ressources économiques ne permettent pas de garder l’enfant auprès de ses parents
- Carence de soins ou maltraitance : surtout présentes dans des pays où les services sociaux sont développés (Europe de l’Est, Amérique Latine), elles sont décidées par les autorités administratives.
- De véritables abandons : c’est à dire, des enfants laissés sans plus se réoccuper de leur avenir, que ces abandons soient sécurisés (enfants nés sous le secret) ou non (enfants trouvés dans la rue).
- Décès parental : il s’agit alors des orphelins au sens véritable du terme.
- Causes sanitaires : la séparation est provoquée par un problème de santé, difficilement soignable dans le pays d’origine avec les moyens de la famille biologique, l’adoption est donc vécue comme un moyen pour permettre à l’enfant d’avoir un avenir après ses soins appropriés.
- Causes culturelles : dans certaines ethnies des enfants sont porteurs d’un interdit (gémellité, albinisme, naissance sous de mauvais auspices) qui interdisent sa vie dans cette société.
- Inconnue : quand aucune explication n’est fournie par les autorités du pays d’origine.
Chacune de ses causes peut être source de multiples problèmes spécifiques.

L’adoption proprement dite est bien entendu capitale, la façon dont l’amalgame va se réaliser, dont les liens se mettent en route est capitale, c’est là que peuvent devenir évident les troubles de l’attachement.

3- La famille adoptive - Les parents
Parfois exagérée, parfois niée, la responsabilité propre des parents adoptifs de par leur histoire et leur cheminement peuvent être la source de troubles à long terme
Moins variées que les causes de la séparation, les faits qui poussent des parents à adopter des enfants sont aussi multiples. Les plus fréquentes sont les problèmes de fécondité et le célibat, puis vient l’adoption dite « humanitaire » réalisée par des familles ayant déjà des enfants biologiques.
Chacune de ces causes pourra être source de soucis psychologiques familial. Ainsi quelques familles adoptant du fait de troubles de la fécondité peuvent ne pas avoir fait de deuil de l’enfant biologique et avoir un comportement ambigu avec leurs enfants. Par contre, des parents qui adopteraient de manière véritablement humanitaire sans véritable désir d’enfants peuvent faire naître un sentiment de dette envers leur enfant puis leur adolescent.
Face à l’adoption et à ses éventuels problèmes, certaines familles démunies peuvent avoir des réactions maladroites ou éprouver des remords, voir une culpabilité ou un fatalisme qui ne feront qu’entretenir et prolonger les soucis.
Parfois c’est un autre stress familial (maladie, chômage) qui est la cause des difficultés familiales, pourtant c’est l’adoption qui est mise en avant, stigmate bien visible mais aussi bien pratique.
Enfin, des parents psychorigides ou maltraitants existent dans toutes les familles biologiques ou adoptives, on peut les espérer moins nombreux dans l’adoption, l’agrément ayant permis de les détourner de cette voie. Dans tous les cas, ils contribuent au mal-être de leurs enfants.

4- La société
Cette catégorie étiologique est une des plus importantes, pourtant elle est souvent sous-estimée. Dans d’autres ethnies (2) où l’adoption est plus ancienne, mieux acceptée, enfants et adolescents adoptés ou biologiques sont regardés de la même façon. L’adoption est naturelle, habituelle et les enfants évitent ainsi des réflexions, des mises à l’écart, voir même des maltraitances.
Que cela vienne de l’école, ou parfois de l’inconnu que l’on croise dans la rue, les remarques inappropriées, maladroites : « Combien il vous a coûté ? », « Et sa vraie maman, elle était d’accord ? » sont fréquentes. Alors qu’une telle indiscrétion serait considérée comme très impolie envers des familles biologiques, elle semble naturelle pour certains, comme si l’enfant adopté était l’enfant de tous. C’est deux petites phrases sont (souvent de manière involontaire) très perverses, jetant l’opprobre et le discrédit sur l’adoption pour la première, niant la réalité de la filiation adoptive pour la deuxième.
C’est encore plus difficile lors d’évènements qui font parler à tort et à travers de l’adoption. A cause de l’aventure ubuesque et malhonnête de l’Arche de Zoé, de nombreux enfants ont entendu dans les cours de recré que leurs parents étaient des « voleurs d’enfants ». Depuis le séisme haïtien, des enfants se voient demander s’ils ne sont pas tristes parce que leur maison est détruite et que leur « vraie » maman est morte.
En plus de ce regard sur l’adoption, il y a le regard sur la différence. Le racisme est fréquent, sans être injurieux, c’est quand même du racisme de dire qu’un enfant d’origine africain » a le rythme dans la peau », ou qu’un petit asiatique est forcément sage et travailleur. Il est très difficile d’échapper à de tels clichés dans notre pays.

5 - L’adolescence
Ce n’est pas à des pédiatres que l’on apprend ce qu’est l’adoption, cette période de mutation obligatoire, parfois difficile pour le corps qui se transforme, souvent plus difficile encore pour l’esprit qui subit ces transformations.
On sait tous les troubles qui peuvent survenir lors de cette période, on sait aussi qu’elle semble pus difficile actuellement, avec des adolescents à la recherche de limite, qui les poussent à tous les excès. Beaucoup d’adolescents passent par des états de crise difficiles, ceux qui ont été adoptés n’y échappent pas, et ses crises peuvent être plus difficiles en regard de l’association des autres facteurs de risque.

En conclusion
Il y a donc beaucoup de raisons pour qu’un enfant adopté passe par des états difficiles lors de moments critiques, comme peut l’être l’adolescence.
Comprendre et connaître la diversité de ces causes, permet de traiter les réels soucis et ne pas enfermer les enfants dans certains clichés.
Avoir connaissance du risque de maltraitance sociétale, même si celle-ci est discrète, insidieuse et involontaire permet d’envisager une prévention, prévention qui peut commencer par réfléchir à nos propres comportements et a priori.

1- de Monléon JV : Adoption : ni banalisation, ni stigmatisation. ped pratique, n°202, novembre 2008
2- de Monléon JV. Qui sont mes parents? Filiation adoptive en fonction du temps et de l'endroit. Arch Pediatr 2000 ; 5 : 529-535.

vendredi 5 novembre 2010

Actimel, Nutella, même combat !

J'ai fêté mes 45 ans il y a peu, j'ai vécu "l'expérience du vieux pédiatre" il y a quelques mois (soigner l'enfant d'un de ses anciens patients), tout cela vous annonce qu'en plus d'être une vieille rombière, je suis de plus en plus un vieux con !

J'assume ce rôle de me foutre en rogne quand c'est pour défendre les petits et leurs familles, là ce qui me fout en rogne, c'est la pub pour Actimel.
Vous l'avez vue : la très belle musique, le petit Petirou dans la poche de sa maman, les mamans lionnes qui câlinent leurs petits, la gentille baleine, le gentille maman nonnours blanc qui s'occupent toutes bien de leur gentils nenfants et pour fini, la gentille maman zumaine qui donne le bon Nactimel à sa fillounette pour la protéger.

Parce que vous pensez que le bon Nactimel, ça va les protéger tout à la fois du Sida, des cors aux pieds et de la varicelle, vous y croyez ? Et ben non, le Nactimel n'a aucune efficacité démontrée par des études fiables, ces principes actifs auraient un rôle de prévention contre les gastro entérites à rotavirus, chez les moins de 6 mois POINT.

Je peux vous dire que dès que je vois un visiteur de cette grande multinationale qui vient me vanter ses bons laits (et c'est vrai que les laits pour nourrissons Danone sont de bons produits), je lui reproche vertement cette pub. Danone avait promis de ne plus faire d'allégation à la santé pour ce produit. Comment ils jusitifient leur slogan du style "parce que protéger est naturel", alors ?

Le pire c'est que ça marche, une maman sans le sou que j'ai vu en consultation, il y a peu, voulait mon avis car sa belle-mère (toutes les mêmes !) lui reprochait de ne pas protéger son enfant en ne lui achetant pas d'Actimel. Donc cette maman était prête à se saigner pour acheter ce machin.... je lui ai conseillé de plutôt utiliser ses sous pour des légumes et des fruits..... chers aussi mais bien plus utiles !

Dans le style, je préfère les pubs Coca. Le coca c'est de la merde ( on est en entre amis, on ne vapas chipoter pour une lettre), mais au moins s'ils font des belles pubs, ils jouent sur le côté plaisir pas sur le côté santé.... peut être qu'ils n'en ont pas besoin.... des tonnes de gens (et même des docteurs) croient encore que c'est un bon produit de réhydratation !

Nutella aussi c'est de la merde, ça en a d'ailleurs l'aspect et la couleur, c'est très bon, mais là aussi faire croire que son petit va faire la TERRIBLE hypoglycémie, s'il ne reçoit pas sa dose matinale de sucre, adjuvants et huile de palme ! La preuve par l'image une pub sans le plaisir du goût mais qui cherche à culpabiliser celles qui laisseraient leurs petits mourir de faim !

Ouvrons les yeux, il n'y a pas qu'avec les colliers en plastoque qu'on nous prend pour des crétins !



PS : je préfère presque les pubs pour Kinder Bueno, ça aussi c'est de la merde inutile, mais qu'elles soient faites avec des gosses et une mère débile ou un Tsonga qui fait pitié, elles sont tellement nullissimes que ça fait rire !

jeudi 4 novembre 2010

En espérant que le cyclone passe plus au Nord

Ce soir, on parle à nouveau de Haiti...
Malheureusement dès qu'on parle de ce petit pays martyr, c'est rarement pour de bonnes nouvelles, un cyclone approche et on imagine ce qu'il pourrait donner sur des lieux déjà sinistrés !
Une pensée très forte pour ce peuple d'Ayiti.






Il y en a quand même qui n'oublie pas Haiti et qui en parle pour de bonne nouvelles, c'était le cas hier, du journal auquel est abonné ma N° 2....

Céline




Alors là, j’ai honte, dans ma série des grands prénoms de l’adoption, c’est la première fois que je mets un adopté ! Grave, t’es ballot comme diraient les ados.

Bon, à défaut de quantité, voila au moins la qualité avec Céline !

Pour mémoire, j’avais commencé à écrire ce billet mi janvier 2010, le texte était bien avancé, la photo scannée….. et patatras, vous vous rappelez ce qui s’est passé mi-janvier ?

Céline, la première fois que je l’ai vue c’était à un journal télévisé, j’étais tombé par hasard sur un petit reportage qui annonçait la création de la Voix des Adoptés… j’avais alors envoyé un petit message d’encouragement sur leur site…. Plus les adoptants se feront entendre plus l’adoption se portera mieux, plus on sortira des clichés.

J’en avais entendu ensuite parler lors de la sortie de son livre, je ne vous cache pas, que le titre de l'ouvrage m’avait moyennement plu. Mais quand un titre est un peu racoleur, c'est souvent poussé par l'éditeur, car les journalistes sont avides de cela , des larmes, du dur, du « truc qui bouge les hormones de la ménagère de moins de 50 ans ». Vous écrivez un superbe livre : je suis adopté, heureux, je vais bien à l’aise dans mes baskets personne ne vous lira. Vous écrivez une merdouille « né d’un amour incestueux, et adopté par un pervers qui m’a violé et forcé à manger sa collection de timbres sous les yeux de mon cochon d'Inde" cela se vendra bien !
Mais Céline (car j'ai fini par lire son livre), n'a pas écrit une merdouille, pas du tout, et la lecture de son livre je vous la conseille. Elle a écrit une histoire, la sienne, une adoption heureuse et la découverte des années après, de ses origines, de son histoire... pas des plus sereines, pas des plus claires, mais d'aller à la recherche d'une vérité cachée ne l'a pas éloignée de ses familles, bien au contraire. Elle vit en harmonie avec ses parents de France et elle est heureuse de connaître et d'aimer "ceux" du Pérou.

Cela aurait pu s'arrêter là... mais la grande force de Céline, c'est de ne pas être tombé dans la généralisation. "Je suis adoptée, mon histoire n'est pas des plus simples.... mais je ne la généralise pas !" pourrait être sa profession de foi !

J'en profite pour parler un peu de tous ceux professionnels ou bénévoles qui deviennent des spécialistes de l'adoption, alors qu'ils ont une histoire personnelle avec l'adoption (adopté ou adoptant)... J'en fais partie... Il nous faut être vigilant en devenant psy, médecin, philosophe spécialisé de l'adoption ou président d'une association de parents par exemple, nous devons toujours nous rappeler que notre cas est unique... et même si nous sommes dans la souffrance, dans l'inquiétude, en aucun cas, nous ne devons généraliser notre cas particulier. Des conduites dangereuses seraient par exemple : "Je suis adopté et je suis mal du fait de l'ignorance de mes origines, et je veux que tous les adoptés aient ce même désir", ou "Je suis parent adoptif et mon enfant présente un SAF, une puberté précoce ou des difficultés à créer des liens, et j'aimerai voir ces pathologies dans toutes les familles adoptives que je croise".

Céline n'a pas fait cela, elle sait que son histoire est unique, qu'elle lui appartient, et elle a accueilli dans son association de jeunes adultes, des ados, et même des enfants adoptés, chacun avec sa propre histoire, sa propre expérience à partager sans imposer.

Qu'elle en soit remerciée !