lundi 3 janvier 2011

Un peu de littérature pour commencer l'année....

Je ne crois pas que je l'ai déjà passé dans le blog, mais voici un écrit qui date déjà de quelques années, qui a été publié dans mon journal préféré (à voir dans la rubrique "des blogs des sites", en bas, à droite).... la nouvelle des dernières pages est un des musts de ce journal... et je suis encore très fier d'y avoir figuré.


LE MENSONGE
(Parents fa’a’amu et parents fanau)
Une nouvelle de Polynésie
par Jean de MONLEON

- « Non ! » répéta-t-il d’une voix toute à la fois calme et forte, et c’était bien ce calme qui les inquiétait. Non il n’est pas question que je rentre !
- « Mais ta vie n’est pas ici, pense à tout ce qui t’attend, ton BTS, tes copains, nous ta famille, tu ne connais pas la Polynésie et, eux, tu ne les connais pas. Tu as bien vu, cette nuit, tu as dû mal dormir, d’ailleurs tu as l’air crevé. Ta place n’est pas ici ! »
- « Je ne sais pas où est ma place, mais ce dont je suis sûr c’est qu’elle n’est plus avec vous ! »
Julien leur faisait face avec toute l’arrogance de sa jeunesse et eux, face à une telle insolence, n’avaient jamais parus aussi âgés. La femme, âgée d’une cinquantaine d’années, n’avait pas parlé. Eloignée de quelques pas, elle pleurait en silence, son regard était désemparé, surtout depuis que le jeune homme s’était dégagé quand elle avait voulu l’étreindre. L’homme avait soixante ans, mais à ce moment-là il en paraissait beaucoup plus. S’il était en colère, il était surtout désespéré. Il ne savait plus que faire après ce que lui avait dit son fils. Mais était-il encore son fils, cet homme qui venait de le renier ? Depuis quelque temps, tout semblait s’effondrer, la famille qu’il avait eu tant de mal à construire était à l’agonie. Pour lui, il n’y avait point de doute : Julien était bien son fils et, malgré la dureté de ses paroles, il le resterait. C’était bien cela qui lui faisait si mal…

Au début des années 80, il s’était battu pour que Julien devienne son enfant. Toutes les thérapeutiques médicales existantes, Martine et Gérard les avaient essayées en vain puis la quarantaine approchant, effrayés de se sentir vieillir sans enfants, ils avaient commencé à envisager l’adoption. Pour ce couple d’intellectuels les choses ne se font jamais à la légère. Ils s’étaient bien renseignés, avaient beaucoup lu et beaucoup questionné. Un cousin, enseignant aux Îles-sous-le-Vent, leur avait alors parlé de l’adoption dans cette région du monde : c’était fréquent, cela semblait rapide et les enfants adoptés étaient tout petits. Il avait trouvé pour eux et les avait hébergés, voici 18 ans, quand ils étaient venus chercher le bébé. Ce cousin n’avait pas eu trop à chercher : Mareva la mère biologique de Julien était sa femme de ménage. Elle habitait avec toute sa famille à Haamene, sur l‘île de Taha’a et lorsqu’une huitième grossesse avait débutée, elle l’avait bien acceptée, tout comme Teri’i son tane (mari). Le Seigneur leur envoyait un nouvel enfant et il n’était pas question de ne pas l’accepter, d’autant plus qu’ils étaient fiers des sept aînés. Mais tous deux avaient eu pitié de ce couple sans enfants dont leur avait parlé le patron, et ils avaient accepté de leur donner cet enfant.
Gérard et Martine avaient bien compris toute la générosité de ce geste ; ils n’étaient pas comme certains Popa’a (étranger) persuadés que les Polynésiens n’aiment pas leurs enfants puisqu’ils s’en séparent ainsi. Face à Teri’i et Mareva, la reconnaissance se mêlait à la gêne, un complexe de culpabilité bien européen et ils étaient bien vite partis avec le merveilleux cadeau. Dès leur retour en France, comme ils l’avaient promis, ils envoyaient fréquemment des nouvelles, des photos. Julien grandissait, il avait l’air d’être aimé, il avait l’air d’être heureux sur les photos, il était un magnifique enfant, de tout cela Mareva et Teri’i n’ont jamais douté.
A leur confiance répondait la reconnaissance de Gérard et Martine. Ils chérissaient leurs amis de Taha’a qui avaient donnés un nouvel essor à leur vie. Pourtant toute leur famille autour d’eux, tous leurs amis étaient effrayés par leur histoire, par les liens affectifs qui semblaient unir ces deux familles : « Ne croyez-vous pas qu’il faille se détacher, couper le cordon ? Ce n’est pas sain pour Julien d’avoir deux mères et deux pères ! ».
Aussi, lorsque Teri’i dut se faire opérer en France, Gérard et Martine n’hésitèrent pas une seconde pour faire 400 km afin de venir le voir, pour lui rendre visite et ils lui apportèrent de petits cadeaux. Teri’i était heureux de voir ses amis, mais il était tout surpris de constater qu’ils arrivaient sans Julien qui alors avait 8 ans. Il demanda des nouvelles, on lui montra des photos, mais il n’osa pas demander pourquoi il ne pouvait le voir. Il se doutait de la raison, et en eut la certitude quand Moana, son fils aîné, partit faire son service militaire à Fontenay-le-Comte, au sein d’une joyeuse compagnie de Tahitiens. A deux reprises, lors de permissions, Gérard et Martine l’avaient accueilli dans leur grand fare (maison) du fenua farani (France). Il avait été reçu comme un roi, trouvant le ma'a (nourriture) que lui préparait Martine bien meilleur que celui de la garnison, mais à aucun moment Moana ne put voir le petit frère autrement qu’en photo. Des photos de Julien, il y en avait partout, mais pas de petit frère à embrasser. « Il est en vacances » disaient ses parents. En vacances chez ses grands-parents de l’autre côté de la ville. Car tous leurs amis et la famille les avaient encouragés : « Cela perturbera Julien, il n’a qu’une famille, c’est vous ! L’autre vous devriez l’oublier, il ne faut pas lui en parler ! »
Et même s’ils en éprouvaient des remords et un peu de honte, Gérard et Martine coupèrent les ponts de manière définitive autour de Julien et, petit à petit à leur tour, ils oublièrent Mareva et Teri’i. Ils pensaient faire ce qu’il y avait de mieux pour Julien. Maintenant, ils formaient une vraie famille et cela avait été dur d’arriver à ce résultat ; il fallait tout faire pour la préserver.

Mais, Julien n’allait pas le aider. Sa petite enfance avait été calme et paisible, un bébé joyeux, un petit garçon sans soucis qui ne se posait pas de questions. Mais plus il grandissait, plus il remarquait sa peau sombre par rapport à celle de ses parents, plus il remarquait qu'il était grand et fort, le plus grand de sa classe, le plus costaud aussi, alors que sa maman était minuscule et son papa tout fluet. Jamais on ne lui avait parlé spontanément de son histoire. Et lorsque, à dix ans, il interrogea sa maman sur le fait qu’il ne lui ressemble pas : « Tu as été adopté dans un pays très loin, tes parents sont morts » lui avait expliqué rapidement Martine pour couper à l’avalanche de questions.
La réponse avait surpris Julien, mais sur le coup, il n’avait pas voulu en savoir plus. Qu’allait-on lui annoncer comme nouvelles catastrophes ? Cependant, après plusieurs mois de réflexions, cette affirmation sommaire ne lui suffisa plus. Il voulut quand même savoir, il repartit à l’assaut « Comment ils sont morts mes autres parents ? Dans quel pays je suis né ? ».
Martine, mal à l’aise, se déchargea sur son mari. Celui-ci expliqua à son petit garçon de douze ans qu’il était maintenant presque un homme, et qu’il pouvait comprendre des choses trop difficiles pour un bébé. Il lui raconta une version exotique du petit Poucet ; le pays, d’où il venait, s’appelait Tahiti et ses parents qui étaient très pauvres avaient préféré l’abandonner.
- Ils avaient d’autres enfants ?
- Je ne crois pas.
- Et, s’ils m’ont abandonnés, c’est qu’ils ne m’aimaient pas ?
- Je ne sais pas tu sais, on ne les a pas vus, on ne les connait pas, peut-être que c’est juste parce qu’ils n’avaient pas de sous.

Si Julien ne doutait pas de cette version, elle lui laissait un goût amer. Tahiti c’était loin, il ne connaissait pas mais imaginait : cela devait être très pauvre, les gens devaient être foncés comme lui. Il venait d’un endroit misérable, et face aux réflexions racistes qui arrivait parfois, il préférait s’écraser malgré son gabarit impressionnant. C’était normal qu’on le méprise, il avait été abandonné, ses parents de naissance ne l’avaient pas aimé, il était quelqu’un de méprisable. Ces pensées le hantaient et, une idée commençait à germer, bientôt elle devint une obsession, il y pensait à chaque fois que cela n’allait pas. Il aurait voulu voir ses parents biologiques, il fallait qu’il leur demande, pourquoi ne l’avaient-il pas gardé. Il avait besoin de savoir, mais il se heurtait à un mur, ses parents lui avaient dit qu’ils ne les connaissaient pas, cela serait dur de retrouver leur trace.
A 17 ans, il venait de passer le bac et commença un BTS en action commerciale. Ses résultats étaient bons, lorsqu’au milieu de l’année scolaire, une jeune prof sympa, un peu excentrique, osa l’interroger sur ses origines. « Tu viens de Tahiti, tu as été adopté là-bas, mais c’est génial, je m’en doutais, ma sœur vient d’adopter une petite Tahitienne, j’ai trouvé super comment l’adoption se passait là-bas, avec les deux familles qui gardent des liens. »
Julien hocha la tête, mais ne répondit pas. Les cours étant finis, il rentra chez lui comme un robot, prenant son bus de manière automatique. Dès qu’il se retrouva face à ses parents il demanda des comptes. Gérard et Martine finirent par lui avouer qu’effectivement, ils avaient rencontré ses parents, mais à peine juste une fois et que, oui, ils étaient allés chez eux.
Julien serra les poings, les dents et se retint de ne pas exploser. Que lui cachait-on encore ? Plus jamais il ne demanderait, il voulait du concret, il voulait voir pour tout savoir. Dès ce jour, il harcela ses parents pour qu’ils lui permettent le voyage en Polynésie et malgré la panique que cela leur inspirait, ils comprirent qu’ils ne pourraient refuser. Ils furent obligés de céder, se bornant à mettre comme condition de meilleurs résultats scolaires. Julien ne pensait plus à ses études, obsédé par la recherche de ses origines : « Si tu passes en deuxième année, pour tes 18 ans, nous partons tous cet été pour te montrer le pays d’où tu viens. »
L’été fut vite là, Julien ayant repris son travail pour ne pas laisser passer sa chance.



Le début du voyage fut tendu. Après une semaine à Tahiti et quatre jours à Moorea, Julien ne regardait rien des magnifiques paysages, ne se baignant ni dans le lagon ni dans les superbes piscines. Seuls les Polynésiens l’intéressaient, il les dévisageait tous avec insistance comme si par ce regard pénétrant il essayait de comprendre l’âme de ce peuple qui abandonnait ses enfants. Son regard ne baissait que lorsque les jolies vahine, qui avaient remarqué son insistance, lui répondaient par un sourire. Tout en étant ému, il ne pouvait s’empêcher de rougir, gêné par son impoltesse mais heureux de cette gentille réponse. Par contre, il était plus inquiet quand c’était l’inévitable mahu (travesti), assurant le service dans chaque restaurant, qui lui rendait son regard par une œillade provocante. Avec ses parents, il ne s’exprimait que pour poser toujours la même question : « Quand est-ce qu’on les voit ? ».
Martine et Gérard, qui avaient espéré qu’il se dégonfle une fois sur place, étaient à nouveau acculés et ne purent se dérober. Ils se décidèrent à téléphoner à Taha’a, où ils n’avaient plus donnés de nouvelles depuis 6 ans.
- « Tu quittes pas », répondit la voisine au téléphone après que Gérard se fut présenté. Après cinq bonnes minutes d’attente, ce fut la voix de Teri’i qui répondit :
- Eh, qui c’est ?
- Teri’i, c’est Gérard, le papa de Julien !
- Aue, Gérard, c’est bien de t’entendre, comment ça va ? Il faut beau en France ?
- Je ne suis pas en France, je suis à Moorea.
- A Moorea, tout seul ?
- Non, Martine et Julien sont avec moi.
- Eeee iiia, vous êtes tous là, et quand tu viens à Taha’a ?
- On peut venir après-demain, si tu veux, mais tu crois que c’est bien ?
- Eh, ça fait peine que tu dises ça, tu parles comme on sera content de vous voir, surtout le tamaroa (petit garçon). Vous restez longtemps ? On va tout préparer !
- Non, on ne peut pas, nous ferons l’aller-retour dans la journée, nous rentrons en France à la fin de la semaine. »

Deux jours après, sur le port d’Uturoa, en attendant le départ de la navette pour Taha’a tandis que Gérard et Julien sirotaient un jus de papaye à la terrasse du Quai des Pêcheurs, Martine téléphonait à Mareva. Elle avait minutieusement préparé cet appel avec Gérard, il valait mieux que ce soit elle qui appelle : de femme à femme, elles se comprendraient mieux.
« - Tu quittes pas dit la voisine ».
Après dix minutes, elle reconnut la voix de Mareva
- Eh, Martine, copine, excuse-moi, je préparais le ma’a, on vous attend, où tu es ?
- On est à Raiatea, on arrive, la navette sera à Haamene à midi.
- On sera tous là, ça fait plaisir !
- Nous aussi, on est heureux de vous voir, mais je voulais te demander quelque chose.
- Tout ce que tu veux copine, je suis heureuse de te revoir avec Gérard et de revoir mon petit dernier.
- Tu vois c’est... que... pour nous.... c’est plus facile... si avec Teri’i, vous pouvez dire que vous l’avez.... euh... abandonné...
- Ai’a, Martine, tu peux pas me demander ça, mon fils je te l’ai donné parce que tu me l’as demandé. Avec Terii on avait compris quand les taote (médecins) l’ont envoyé en France, puis quand Moana est allé chez vous et que vous vouliez pas qu’il nous voit. On a compris, on a respecté. Quand vous nous donniez plus de nouvelles on était malheureux, on s’est dit c’est comme ça chez les Popa’a. C’était fiu (pénible), mais Julien on était d’accord pour vous le donner alors on disait rien. Mais aujourd’hui, c’est toi qui me le ramène, mon fils, je peux pas lui mentir ! Ça fait honte ; s’il me demande je lui dis. »

Sur le quai de Haamene, deux heures plus tard, il n’y avait jamais eu tant de monde. Alors qu’il était encore sur le bateau, Julien vit un colosse se précipiter vers lui, lui mettre un collier de tiare (fleurs) autour du cou, le serrer dans ces bras à lui rompre les os, et prononcer avec émotion : « Ia ora na (bonjour), mon fils ». Puis ce fut une femme d’une quarantaine d’années, encore belle, qui se blottit contre lui en larmes, sans pouvoir prononcer le moindre mot. Puis le défilé continua : les grandes sœurs, les grands frères, leurs maris, leurs femmes, leurs enfants, les cousins, les voisins. Julien croulait sous les couronnes, qui l’aveuglaient, qui l’enivraient par leur lourde odeur. Il ne parvenait plus à voir où on l’amenait. Arrivé au fare MTR (maison anti-cyclone) tout neuf, tout le monde s’assit dehors, Teri’i et Moana ouvrirent le four tahitien. Julien voulait parler, poser des questions, mais il ne savait pas comment commencer. C’est Moana qui lui donna la première indication :
- « Tu sais, quand tu es parti, on était tous à l’aéroport et quand Martine est passé devant moi pour dire au-revoir, je t’ai pris dans mes bras, je pleurais. J’avais dix ans, j’étais fier de mon petit frère qui partait en France, moi qui ce jour-là quittais Taha’a pour la première fois pour t’accompagner jusqu’au bas de l’avion. Mais c’était triste de te voir partir ».

Gérard et Martine restèrent tendus pendant tout le repas. Eux aussi avaient été bien accueillis ; Moana à côté de Gérard lui racontait son service militaire, et le jour où la neige était tombé dans son régiment en Vendée « Eh, tu sais, on était en train de nettoyer les armes, quand j’ai vu ça qui tombait du ciel, je n’ai pas pu résister, je suis sorti, j’ai ouvert la bouche, j’ai penché ma tête en arrière et j’essayais de manger la neige pendant qu’elle tombait. L’adjudant, c’était un salaud mais ce jour là il m’a pas engueulé, il riait trop à me voir ». Teumere, la plus grande sœur avait offert un magnifique tifaifai (couvre-lit en broderie) à Martine. Celle-ci avait été touchée par toutes ces attentions. Mais comme Gérard, elle ne quittait pas Julien des yeux. Assis face à eux, il était coincé entre Teri’i et Mareva et après être resté silencieux, il leur parlait. La table était pleine, ils n’arrivaient pas à comprendre ce qu’il disait, mais ils n’avaient pas besoin d’entendre pour comprendre. Il était évident qu’il posait des questions et sans doute LA question.

A quatre heures, ils étaient toujours attablés lorsque Gérard annonça qu’il était temps de partir, qu’il ne fallait pas manquer la navette ni l’avion pour Tahiti. Il fallait dire au-revoir, et commencer à se diriger tranquillement vers l’embarcadère. C’est alors que Julien lui annonça sa décision de rester.
Gérard ne broncha pas ; cela lui passera vite, pensa-t-il. Une nuit dans le fare et il regrettera vite le confort qu’il avait toujours connu. Il la joua à la “père compréhensif” : « Oui c’est normal, on aurait dû prévoir plus de temps, tu as sans doute encore envie de parler avec tout le monde, nous allons donc rester, on reviendra te chercher demain ». Malgré l’insistance de Mareva, ils ne voulurent coucher dans la famille. La saison touristique était calme et ils trouvèrent une place dans une petite pension.
Le lendemain, de bonne heure, il arriva avec Martine. Il ne restait plus que Teri’i et Mareva avec Julien. Ces derniers s’éloignèrent quand la discussion commença à s’échauffer, mais Mareva entoura Martine de ses bras quand elle vit que celle-ci s’en allait avec tant de détresse sur son visage. Julien venait de leur expliquer que plus jamais il ne pourrait les considérer comme ses parents, que désormais sa vie se déroulerait sans eux.

Avant leur retour en France, ils appelèrent plusieurs fois par jour. Jamais Julien ne voulut leur répondre.
Il découvrait une nouvelle vie, s’il avait été aveugle aux Îles-du-Vent, pour lui Taha’a ressemblait au paradis. Tous les matins, il partait pêcher avec Teri’i et Moana qui s’esclaffaient de la maladresse du petit “Popa’a”. Puis ils explorèrent les montagnes, André voulant que Julien sache reconnaître chaque arbre et qu’il apprenne à marier la vanille. Plusieurs fois par semaine, la voisine venait le chercher :
- « Julien, niuniu (téléphone), Papa fa’a’amu (adoptif) »
- « Aita (Non) ! » répondait-il et c’est Teri’i qui allait répondre « Non Gérard, je sais ça fait pitié, pei, mais il veut pas te parler, laisse faire le temps ».
Au bout de trois mois, Julien savait pécher, mais il commençait à se poser des questions. Il avoua que cela faisait deux mois que la rentrée avait eu lieu pour sa deuxième année et cela l'inquiétait. Il n’avoua pas que Martine et Gérard lui manquaient, mais tout le monde l’avait compris.
« - Tu sais mon garçon, dit Mareva, nous n’avons jamais cessé d’être tes parents et dès que tu reviendras en Polynésie, nous serons encore tes parents. Mais ici on ne peut pas faire les études comme il faut, tu vois Teumere, Moana et les autres, souvent ils auraient voulu continuer l’école, mais c’était fiu. Toi, tu as cette chance, et nous on est fier de toi. Toi, tu as la chance d’avoir des parents en France qui t’ont aimé et qui t’ont tout donné. Eux, c’est tes parents en France et nous, toujours nous t’attendrons, toujours nous t’accueillerons. Mais je crois qu’il est temps de rentrer là-bas. »
Julien ne répondit pas, il ne voulait pas pleurer, mais il hocha la tête.
Le soir même, quand la voisine vient signaler le coup de téléphone, c’est Julien qui alla répondre.
« - Allo Teri’i », dit Gérard, entendant quelqu’un déplacer le combiné.
- « Non c’est moi… Papa…je rentre…, tu me passes Maman ? ».
- Quand Martine raccrocha, elle se tourna vers Gérard, celui-ci qui avait pris dix ans en trois mois, et qui venait d’en perdre vingt en dix minutes. « Je crois », dit-il, « que nous avons de la chance d’avoir notre fils et je crois que lui il a de la chance d’avoir quatre parents ! »

Une semaine plus tard, toute la famille avait envahi le hall de l’aéroport de Raiatea. En mettent un collier de coquillages autour du cou de son petit frère, Moana lui fit remarquer : « Tu as vu cette fois, je pleure pas, je sais que tu reviendras ».
Julien se tourna vers Teri’i :
- « Quand j’aurais mon BTS, je ferai une école de commerce, et après je vais créer une société pour importer ta vanille et toute celle de Taha’a, cela s’appellera : “Vanille sous le Vent”.
- “Vanira i te Raromata’i (Vanille des Iles sous le Vent)”, c’est un beau nom, mon garçon ! Fa’a ito’ito (litt : sois courageux, forme d’adieu)! »

20 commentaires:

Brigitte & lilou a dit…

merci doc ! je connais mal l'adoption en Tahiti que pas vous en fait... et un grand gaillard à mon boulot adopté à Tahiti, j'aime cette histoire...
ma lilou orpheline de mère a été amenée à l'orphelinat par son père à 9 mois 7 mois après la mort de sa mère.. il s'est battu mais à 9 mois il n'y arrivait pas elle faisait la taille d'un nourrisson d'un mois.. il l'a confiée à l'orphelinat et à l'adoption internationale.. pourquoi je vous raconte ça ? pour mon deuxième agrément l'AS a été très choquée que je parle à Lilou de son père... il aurait fallu dire géniteur... mettre de la distance... j'ai bataillé avec elle... comment pourrais je enlever à ce père qui s'est battu au jour le jour pour nourrir sa fille, malgré son abandon son statut de père ? biologique soit mais pas seulement... certe ce n'était pas à Tahiti mais en Haïti... je n'élève pas Lilou dans le culte de ses parents et de sa famille bio, mais quand elle évoque le sujet du haut de ses 6 ans et demi je lui parle de lui, on ne pas pas gommer son histoire tout de même ? et si elle me demande un jour d'essayer de le voir, je ferais tout... maintenant j'ai essayé de le retrouver après le séisme et je n'ai aucune trace, on verra bien
Brigitte

Jean-Vital de Monléon a dit…

Beeeeuuuh (bruit de nausée....) le terme géniteur, dès que je l'entends, je pense à un reportage sur l'insémination artificielle chez les bovins avec le pauvre mec avec son casque et son seau qui tente de récupérer la semence du taureau.... comment peut-on donne rce terme aux parents bio ?

Merci d'avoir résister Brigitte !

Brigitte & lilou a dit…

oui comme vous ... nausées... et pourtant c'est un terme que l'on retrouve souvent concernant les parents de naissance... autant je trouverais ridicule d'élever ma fille dans un culte de son pays de naissance, c'est important qu'elle se sente avant tout membre à part entière de notre famille et de son pays la France, autant je trouve important qu'elle sache son histoire dans le respect de chacun, d'ailleurs je trouve très bien le livre de Denise Rebondy, D'où je viens moi, Le courrier du livre,qui permet de faire un arbre généalogique avec famille de naissance et famille adoptive
Brigitte

ganesh46 a dit…

Très beau récit émouvant...comme Julien notre fille a 4 parents et évidement elle sait tout de son histoire mais ce qui me rend triste c'est que pour le moment elle ne veut pas les voir et je meurs d'envie de retourner les rencontrer...mais wait and see...

Stéphane a dit…

Concernant Haïti, le seul liens possible avec les parents bio, c'est la crèche.

Nous avons demandé à la directrice de la crèche si elle avait des nouvelles des parents de nos deux enfants.

Elle nous a dit que non, mais que c'était inutile de chercher après le séisme car beaucoup de gens sont partit dans les campagnes, dans leurs familles ou sont dans les camps (celui du champs de mars compte environs 30 000 personnes) et qu'il n'est pas possible de retrouver quelqu'un et c'était avant le début de l'épidémie de choléra.

La seul personne que nous avons rencontré, c'est la grand mère de mon fils, mais il à refusé de l'approché, et nous n'avons que quelques malheureuses photos pour nos deux enfants car nous y sommes allé et avons demandé à rencontrer les parents bio (pas facile à vivre, mais à faire si possible, et les parents ont apprécié et ont été rassuré de mettre un visage à la place d'une photo ou d'un simple écrit même si ce n'est pas obligatioire).

Si vous voulez donner des nouvelles, donnez les aux crèches, celle dont je dépend existe depuis 1973 et toute ses archives et tous les renseignements qu'elle à pu avoir sont répertoriés pour chaque enfants y compris les non adopté.

Mon amie qui à 41 ans à éprouvé le besoin de retrouvé physiquement sa famille bio, mais là bas, elle le dit elle même, c'est les bidochons en voyages et elle souffre plus de la chaleur et des moustiques que moi.

Mes enfants sont arrivé à l'age de 3 mois et 1 mois à la crèche et n'en sont jamais sortit.
Les parents bio ne sont jamais venue les voire (pas facile pour X raison ... je ne sais pas ...)
Nous avons tous les noms et adresse des parents, mais ça ne veut plus rien dire aujourd’hui.

La directrice nous à dit, de commencer à chercher pas avant 2 ou 3 ans, mais que le plus sûre est de donner les nouvelles via la crèche.

Mais même comme ça, c'est pas gagné.

Ce seras une autre manière de gérer notre histoire à tous (parents, enfants, famille).

Répondre aux questions du mieux qu'on peut, sans mensonge car un jour ou l'autre ils nous éclatent aux visage et nous blessent autant de fois qu'il y à d'éclat (c'est un constat).

Ce sont des enfants avant tout et ils ont une formidable capacité d'adaptation, et j'en suis le premier surpris (tout se passe bien depuis 4 mois, désolé pour S/M et gargamel).

Pec et Caspale a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Je n'ai pas entendu le début de son intervention, mais je note juste ce petit résumé de ses paroles: "si un enfant adopté demande à retrouver sa famille biologique, c'est qu'il y a eu un soucis avec sa famille adoptive. Il faut y résister!" Là, je ne comprends pas bien... 2 appels téléphoniques d'adultes adoptés ont suivi, tous 2 démentant ses propos et se disant apaisés d'avoir pu rencontrer leur famille bio.

Orabelle a dit…

Le mensonge n'est jamais bon, et c'est encore plus vrai dans l'adoption.
On ne peut pas mentir a ses enfants sur ses origines. C'est son histoire a lui. On n'a pas le droit de garder des informations aussi capitales pour la "construction" d'un enfant, et futur adulte.
Nous avons eu la chance de rencontrer la mere biologique de notre fille. Nous avons pu passer beaucoup de temps avec elle et poser toutes les questions. C'est un moment fort en emotions, mais je pense qu'il sera important pour le jour ou notre fille nous posera des questions.

Romi a dit…

merci pour cette très jolie histoire ... je dois avoir une conjonctivite car j'ai les yeux qui coulent ! :-o)

Michèle

tigresses a dit…

Bon...ben pour moi, larme à l'oeil... le soir où j'ai lu... incapable de faire le moindre com'.
Oui, 4 parents... même dans le cas où il y a eu un retrait d'autorité parentale !
Nos filles sont fières de leur arbre généalogique à racines, à branches diverses et multiples !
Nous, en tant que parents... c'est plus ambivalent... on s'est préparés dès avant l'agrément, et quand la minette arrivée depuis peu réclame sa maman (pas moi... qu'elle n'a pas vu depuis....), ça fend le coeur, alors on se débrouille, on tricote des trucs pour apaiser la minette et après... vengeance... avec un bon repas et un bon petit verre de Pernand Vergelesses par exemple...
Pas'ke... on a beau être préparé, on a beau se dire qu'il faut ne pas juger, respecter les parents de naissance (géniteur, c'est aussi le terme en espagnol utilisé... beurk..) ben... c'est pas simple... même si ça devient quand même plus simple quand les minettes ont besoin d'avoir des explications : on essaie tout simplement de dire que leurs parents ont essayé de faire ce qu'ils pouvaient, au moment où ils pouvaient, avec leurs faiblesses, leurs forces aussi... ça apaise tout le monde... Même si des fois, je boue !! Mais c'est de moins en moins souvent !

malounette a dit…

Je n'ai rien caché à mon fiston depuis qu'il est avec nous (arrivé dans notre famille à l'âge de 2 ans) et j'ai toujours mis en avant la chance qu'il avait d'avoir 4 parents (même si comme le signale Stéphane, pour nous, parents adoptants d'enfants d'origine haïtienne, il est très difficile d'avoir quelque nouvelle que ce soit, nous sommes dans le même cas...). Mon fiston se contruit comme cela en verbalisant (et c'est tant mieux) et en me disant que peut être sa maman marron n'est plus là mais qu'il en avait toujours une autre, moi... Lui aussi est arrivé tôt à l'orphelinat (2 mois), sa mémoire se construit donc sur une représentation intuitive de sa maman de là bas mais il en a réellement besoin.

J'en profite pour vous souhaiter à tous de très belles choses pour cette nouvelle année.

Claire

lolotte a dit…

Hier soir , je venais de lire cette discussion lorsque j'ai eu la grande joie d'apprendre par une famille tout juste rentrée, que la maman de naissance de Nina-Rose est passée à la crèche demander des nouvelles, ce qu'elle n'avait pas fait depuis le séisme...
Dès ce matin, je le lui ai annoncé, avec un peu d'appréhension quand même,en me demandant ce que ça allait réveiller en elle. Elle a eu un sourire qui en disait long sur son soulagement!
Mais quelques instants après, rassurée, elle est passée à autre chose, très naturellement.
Par contre, RAS de la maman de Nathalie, dont je n'ai jamais eu de nouvelles depuis 2001.
Deux histoires bien différentes, mais que mes filles ont l'air d'accepter comme telles.

virginie flo a dit…

Superbe histoire,très émouvante.C'est dur d'exprimer à l'écrit ce que j'ai ressenti mais je trouve que dans ce genre d'adoption l'enfant est au centre des préoccupations on fait tout dans son intéret et son bien être en ravalant son égoisme.Cest difficile surement parfois pour les 2 parents mais en même temps les choses sont claires et non fermées il connait son histoire il n' y a pas d'intérrogation,de tabou,de secret.Je suis pas adoptante mais je trouve que ce sont de belles adoptions .

Jean-Vital de Monléon a dit…

Pour mémoire, c'est une histoire quasiment vraie. j'avais rencointré ce juene homme et ses aprents biologiques, peu de temps avant son retour en métropole.

Il s'agit aussi d'un des rares cas que je connaisse où il s'agisse de véritable don d'enfant plutôt que de don fait à l'enfant.

Jean-Vital de Monléon a dit…

Pour mémoire, c'est une histoire quasiment vraie. j'avais rencointré ce juene homme et ses aprents biologiques, peu de temps avant son retour en métropole.

Il s'agit aussi d'un des rares cas que je connaisse où il s'agisse de véritable don d'enfant plutôt que de don fait à l'enfant.

Anonyme a dit…

belle histoire.
Sarah avait 3 ans quand j'ai été la chercher en Haïti. elle avait beaucoup de souvenirs et il n'a jamais été question de les zapper. Elle en a 9 maintenant.nous avons toujours parlé de sa mère de naissance naturellement. Par chance, je ne me suis jamais sentie en concurrence mais...
Au début elle me disait : tu sais maman, avec ma maman, pas toi, l'autre etc ... c'était parfois un peu compliqué mais on s'y retrouvait bien, toutes les deux. Aux autres, elle disait : j'ai 2 soeurs et un frère. Aux mêmes à qui j'avais dit n'avoir qu'une fille. Du coup les autres s'y perdaient un peu mais on expliquait et cela la faisait rigoler. Elle en parlait avec naturel et me racontait ses souvenirs et histoires drôles que j'ai soigneusement consigné par écrit. Avec le temps, elle oublie et en parle de moins en moins. Sa vie c'est ici et sa maman, c'est moi.
Après le séisme elle a passé un moment difficile et voulait qu'on aille les chercher mais quand nous avons appris, grâce à la crèche, que toute la famille allait "bien", elle s'est rassurée. je lui avais expliqué que nous ne pouvions pas les faire venir en Belgique (son souhait) mais que nous les aiderions comme on pouvait en envoyant des sous. Nous avons discuté de l'aide à leur apporter et acheté une grande tente ensemble. Quand nous avons appris qu'ils vivaient dans un conteneur Sarah a fait : "bon bah pour la tente, c'est pas top parce qu'un conteneur c'est quand même mieux non ? t'es pas trop embêté d'avoir acheté une pour rien ?" et en fait, elle est stressée si j'en parle trop car cela la déstabilise. Du coup, on n'aborde plus le sujet mais je réponds aux questions. Elle sait que j'aide financièrement la famille et pour le reste... on laisse du temps au temps comme disait notre ancien président. On verra bien. elle parait sereine sur le sujet mais elle s'agace quand on lui demande ou est sa vraie mère : je lui ai appris à répondre que sauf erreur je n'étais pas en plastique... du coup cela l'amuse parfois.
son rêve : que je lui donne ma peau blanche pour qu'on lui foute la paix avec les questions idiotes mais... je réponds qu'il va falloir qu'elle apprenne à vivre avec car Sarah et la peau blanche ça va pas le faire et qu'elle est belle comme un astre !
et au fur et à mesure les questions se calment.
c'est sûr le jour où elle voudra savoir précisemment à quoi ressemble sa mère de naissance et ses soeurs, je vais avoir des crampes d'estomac mais je m'y prépare le mieux possible en essayant de faire confiance à tout ce que nous avons construit depuis son arrivée dans ma famille. on croisera les doigts et j'essairai de l'accompagner dans cette démarche si elle le souhaite.
on verra bien. elle a abordé le sujet une fois parce qu'elle voulait voir à quoi ressemblait Haïti (le pays) mais elle voulait y aller avec moi, M + L + M + S, les copains/voisins dont les enfants viennent aussi d'Haïti, donc avec tout son univers, "on sait jamais" par sécurité. quand je lui ai dit que ce n'était pas possible pour le moment (c'était 8 jours avant le séisme, je ne pensais pas aussi bien dire) mais que je pouvais l'emmener voir un pays qui ressemblait à... elle a dit que pour l'instant cela lui suffisait. Nous sommes donc allés à l'Ile Maurice ! pour la suite on verra bien.
Lise et sa pépette.

Anonyme a dit…

bis...
j'ai un ami qui a une fille. Celle-ci vit avec sa mère et chacun d'entre eux a refait sa vie. Donc 4parents sur le mode de la famille recomposée.
un jour Sarah me dit que J a bien de la chance parce qu'elle a 2 papas et 2 mamans. Je demande pourquoi et elle me dit qu'il y a toujours quelqu'un pour s'occuper d'elle pendant que les autres travaillent et gagnent de l'argent ( + pragmatique on pouvait pas faire)! je rigole et je dis OK mais aussi quand elle fait une bêtise, J, elle en a 4 sur le dos pour la gronder !!! du coup, elle n'est plus très sûre que ce soit un avantage ! comme quoi, faut savoir vendre la mono parentalité !
Lise

Christine a dit…

Bonjour,

Je cherche à vous joindre dans le cadre d'un article sur l'adoption pour Les Nouvelles de Tahiti.

A quelle adresse email puis-je vous contacter?

Avec mes remerciements,
Christine Chaumeau
christine.chaumeau@mail.pf

Bernard a dit…

A mon sens, quand on va chercher un enfant dans les bras de ses parents, quelles que soient les circonstances, ça ne pourra viser qu'un parrainage - temporaire ? - jamais une adoption.

kathy a dit…

Un jour de juin 2010 alors que je comptais les jours qui me séparaient de mon voyage au Sénégal (pour ramener ma puce, je recvais un texto de la nounou de cette dernière.
"kti, je suis trè contente, ma soeur est en ceinte, elle va donc me donner son fils ainé, moi aussi j'ai un fils"
Cette nounou avait beaucoup inverstie ma fille pendant les trois première années de sa vie. Cette nounou ne pouvait pas avoir d'enfant.
Une fois sur place j'ai rencontré la soeur, en ceinte de 8 mois, le petit garçon de trois ans...La maman biologique m'expliquant qu'elle n'y arrivait pas avec lui que sa soeur saurait mieux s'y prendre et comme ça elle remplaçait ma fille...
Autant j'étais génée en regardant cette situation depuis mon téléphone en France...autant une fois baignée dans la culture je ne me sentais pas mal à l'aise, les enfants au sénégal ne sont la propriété de personne, il relève de la responsabilité collective.
Après deux mois passé dans la même ville à fréquenter ces famille, j'ai fini par parainer ce petit gars pour qu'il rentre à l'école et que notre lien soit aussi tourné vers le futur (et pas concentré sur l'histoire de ma fille).
J'ai des nouvelles régulièrement, ma fille demande à appeler sa nounou de temps en temps, je réponds à sa demande. Le voyage prévu en juillet pour le jugement plénier se prépare sereinement.
Je pense qu'on ne peut pas réfléchir la maternité seulement avec notre cadre de référence occidental...ailleurs ça peut être différent, pas mieux, pas pire, juste différent.
Sénégalaisement votre...
Kathy maman de Gaya (3 ans et demi)