mardi 3 novembre 2009

Les gavroches d'Anosi be






Ils étaient tous tout excités de se faire photographier.
De quoi vivent-ils ? Ont-ils une famille ?
Beaucoup d'interrogations, d'inquiétudes, mais leur joie faisaient plaisir à voir... et les mangues étaient bonnes !
La rencontre avec d'autres petits gavroches vus dans ce marché m'a marqué pour longtemps. Prochain message....

Marché d'Anosi be, suite des photos





Ambiance.

L'achat du riz





L'intendante a la charge des courses, mais pour le riz, élément essentiel (60 % de l'alimentation malgache) c'est de la responsabilité de Monsieur Tina, le chauffeur.
Il va examiner chaque sac, soupeser les grains rechercher les impuretés, et négocier le prix.
Quand le choix est fait, c'est le porteur qui rentre en action. Les petits porteurs : ils se sont tous disputés pour être choisis quand nous sommes arrivés, Jack et Monsieur Tina en ont choisi un, pas le plus costaud, mais un habitué, un qu'ils aiment bien, c'était une faveur de le choisir. Son gabarit : pas plus d'un mètre soixante et soixante kilos à tout casser !
Encore une devinette, devinez quel est le poids d'un sac de riz, et n'oubliez pas qu'il en a deux sur le dos ?

Le marché d'Anosi be






A Madagascar, encore plus qu'ailleurs dans le monde, les marchés sont un élément essentiel de la vie. Il y a eu pendant longtemps dans le centre d'Antananarivo, un marché mythique : le zoma (littéralement : vendredi) qui était le plus grand marché du monde et qui comme son nom l'indique avait lieu le vendredi. Le guide du routard décrit une dizaine de marchés dans la ville, où il semble y en avoir pour tous les goûts... pourtant il manque le marché d'Anosi be.
Peut-être le plus grand marché de Tana, sans doute pas très touristique, mais tellement vrai. Pendant deux heures sur place nous avons croisé des milliers de personnes mais avec Jack et Hervé nous étions les seuls vazaha.
Notre sympathique colonel en retraite, nous avait évoqué le "Tana interdit", recommandant de ne pas trop nous éloigner, de faire attention à nos affaires, etc, etc... Après une grande période de surprise, d'étonnement, c'est plus le "vrai Tana" que j'ai découvert, avec de la générosité, des sourires, de la joie de vivre, mais aussi des grandes détresses.
Jack est donc venu nous chercher avec Monsieur Tina, le chauffeur de l'orphelinat, ainsi que l'intendante, responsable des courses. Nous avons tous donc embarqué pour l'approvisionnement de 10 jours pour les 45 personnes de l'orphelinat.

Les photos vous décriront mieux ce lieu incroyable que les mots. Les couleurs sont éblouissantes. Les éclats de rire fréquents surtout quand les vazaha demandent la permission de prendre des photos. Cette permission était toujours accueillie gentiment, et les gens qui découvraient les appareils numériques étaient tous contents et même carrément hilares de se découvrir sur le dos de l'appareil. Quant aux odeurs, par moment on s'en passerait bien, surtout devant les étals de poissons séchés, encore plus chez le boucher... et encore c'était le début de la matinée et vous ne voyez pas les mouches, les grosses mouches vertes.

PS : au cas où vous vous demanderiez qui est ce Tana dont je vous parle sans arrêt c'est le surnom d'Antananarivo, la capitale de Madagascar (Mada pour les intimes) connue auparavant sous le nom de Tananarive. Le vazaha c'est le "blanc" littéralement cela voulait dire pirate !

Jack


Un nouveau grand prénom de l'adoption.
Si à travers lui, je veux rendre hommage à tous ceux qui de par le monde s'occupent directement des enfants sans parents et font tout leur possible pour que les adoptions, les chamboulements se fassent le mieux possible, c'est quand même bien à Jack lui-même que je veux rendre hommage.
Il y a une semaine, je ne le connaissais pas, et gentiment, il est venu faire la sirène, auprès de Hervé (vous saurez plus tard qui est Hervé) et moi. Et il est dur de résister aux sirènes. Pour mon dernier jour à Madagascar, Mon départ était fixé au soir même, j'avais prévu d'être raisonnable et d'écouter les allocutions du jour, sur le dispositif français, l'agrément, les textes de loi, etc, etc.... Choses faites par deux membres du CSA que je connais bien, et dont je connais bien le discours. C'était un peu pour les soutenir, beaucoup pour faire acte de présence auprès des organisateurs et des responsables malgaches qui étaient venus nous écouter. Mais si j'avais donné de ma personne la veille, étant un maximum disponible, ce rôle de soutien muet me tentait moins et j'ai écouté les sirènes, qui me proposait la visite du "Tana interdit" et d'un orphelinat...
Le fait que la-dite sirène soit un officier de cavalerie en retraite (chose qui n'est pas en soi un de mes idéaux érotiques) n'a pas été un leurre, tout ce que j'ai vu pendant cette journée intense grâce à Jack a été exceptionnel, en terme de beauté, de joie, de tristesse aussi. De l'émotion à la louche.

Sois en remercié Jack, dans un prochain message, je vous ferai connaître son métier, celui que maintenant, je rêve de faire... à ma retraite....

lundi 2 novembre 2009

Un peu de tourisme






La seule partie touristique au sens propre du terme s'est déroulée le mardi soir après mon allocution au colloque, j'ai pu m'échapper en toute fin d'après-midi, et tant qu'à avoir peu de temps autant faire un "must", et à Antananarivo que visite-t-on en premier lieu ? Le Rova (cela se prononce rouv'), le palais de la reine.
En fait depuis qu'il a été victime d'un incendie criminel lors d'une des coups d'état qui se sont succédés à Madagascar, il ne se visite plus trop, il est en réparation et on ne peut rentrer à l'intérieur.
Comme Paris, Rome, Lyon ou bien d'autres villes Tana a été construite sur plusieurs collines Le Rova, la demeure royale les domine toutes, et une fois sur place on a une vue magnifique sur la vile, au loin les autres collines dont celles du Père Pedro, plus proches de vieilles maisons délabrées mais qui gardent un grand charme. Entre les collines, une devinette amusante : quelles sont les cultures bien vertes que l'on aperçoit au centre ville ? Un indice pour mes confrères : douve.
Et bien entendu il ne faut pas rater le cliché du coucher de soleil (ouf mission accomplie).
A l'heure fatidique du coucher de soleil, nous devions être 4 touristes... et une multitude de petits jeunes nous proposant toutes sortes de service : garder notre taxi, nous guider pour nous montrer les différentes vues et les différents monuments.
Il est triste de voir un pays aussi beau, au tel potentiel, être dans une telle détresse.
Imaginez 4 touristes au pied de la Tour Eiffel !

Colloque Adoption à Madagascar


Très content, le docteur d'avoir participé à ce colloque pour toutes les raisons que j'ai déjà expliqué.
De plus c'était un bel exemple de collaboration franco-malgache. J'espère avoir transmis pas mal de bonnes nouvelles : d'abord que la plupart des petits malgaches adoptés en France vont bien, sont bien intégrés, ont des familles aimantes et amoureuses de Madagascar, peuvent bénéficier d'un suivi de qualité et du soutien d'une association de parents efficace : l'APAEM.

Mais en plus car j'ai appris des choses, et ça c'est toujours bon à prendre. Par exemple, ma très sympathique collègue pédiatre (avec qui j'ai été ravi d'échanger), Madame le Pr Robinson m'a appris que dans sa maternité près de 2% des enfants naissaient avec un Syndrome d'Alcoolisme Foetal, ce que m'a confirmé mon passage en supermarché, un demi litre de rhum de mauvaise qualité coûte un peu plus de 1000 Ariary (30 à 40 centimes d'euro !) le même prix qu'un kilo de riz, mais avec le riz on n'oublie pas...

Ma première conférence portant sur la santé de l'enfant adopté a bien intéressé, beaucoup d'auditeurs étaient surpris d'entendre parler de la puberté précoce, qui touche particulièrement beaucoup de petites malgaches après leur adoption, car justement avant l'adoption rien ne laisse deviner cette évolution !

Quant à ma deuxième conférence, elle a encore plus plu : le devenir des enfants malgaches. Le public, essentiellement des responsables d'orphelinat et des médecins ne croyait déjà plus aux folles rumeurs, que l'on entend encore dans l'adoption : enfants victimes de trafics d'organes ou adoption pour avoir des petits esclaves...
Mais c'est vraiment un devoir pour les pays d'adoption de donner des nouvelles aux pays d'origine. Je suis fier d'avoir été pour cette fois ce messager, et je suis prêt à le faire pour d'autres pays. Dans un prochain post, vous aurez droit à un résumé de cette intervention. Mais ce qui m'a vraiment fait plaisir c'est de voir les auditeurs réjouis de retrouver leur orphelinat dans ma liste et de savoir ce que sont donc devenus les enfants qu'ils ont confiés des années plus tôt. Certain sont venus m'en demander plus, et ayant amené mon fichier, j'ai pu leur donner plus de détails en aparté sur les anciens petits pensionnaires...