vendredi 4 mai 2012

Les conseils culturels du doc en vacances (2) :




Je crois que ce film amerloque est sorti il y a déjà deux, trois au quatre ans, mais je l’avais complètement raté et vous ?



C’est un neveu qui me l’a passé, et je l’en remercie : quelle surprise, quel moment de bonheur !

Sans doute un petit budget, peu de prétentions, là encore pas de 3D, mais un moment de joie, de plaisir, d’émotion à regarder ce film !



Bon d’accord, ça me rappelle le boulot.



Le boulot de pédiatre spé de l’adoption, avec une excellente étude du cheminement des deux mamans… et du bébé, in utero, on en perçoit des choses assis dans son canapé.



Le boulot de l’anthropologue spécialisé là aussi dans l'adoption, ce film montre (comme si vous y étiez) la fameuse « open adoption » à l’américaine. Cette fameuse « open adoption » qui choque beaucoup en France. Ce qu'il y a de choquant, c'est l'aspect financier, le fait que le bébé soi monnayé. Ouf, dans ce film : aucun marchandage, aucun monnayage. Ce qui choque aussi beaucoup de français dans « l'open adoption », c'est que l'on est loin, du fameux secret à la française. Nos « grands spécialistes » de l'adoption, qui ne connaissent que les quelques cas, croisés dans leur consultation, sont persuadés, que le contact entre parents, avant l'adoption (ce que prohibe d'ailleurs la fameuse Convention de La Haye), pendant ou après n’est que source d'angoisse, de marchandage et de futurs tiraillements pour l'enfant.



Dans ce film (qui reste un film), ce n'est pas le cas. Et dans mon travail d'anthropologue, je peux vous dire que j'en ai vu, des cas où le contact, entre parents biologiques et adoptifs, n'était que source d'enrichissements mutuels, et de mise en place du futur bien-être de l'enfant.



Ce film traite extrêmement bien, combien les relations, peuvent parfois être difficiles, hésitantes avant l'adoption lorsque le contact existe.



Je n'en dis pas plus, pour vous permettre de vivre les différentes surprises et dénouements.



Sachez juste que j'ai beaucoup apprécié les deux mamans. Mais il y a aussi un papa, qui vaut le coup ...



Avant de parler de « l'open adoption », ce film évoque les grossesses précoces. L’adolescente en question, dont le prénom sert de titre à ce film, va peut-être en faire frémir quelques-uns.

Pour ma part, son humour, sa certaine naïveté, son optimisme, et plus encore sa grande « maturité », m'ont beaucoup plus. Je ne connaissais pas l'actrice qui l’interprète, mais j'espère qu'on va la revoir souvent, je pense qu'elle méritera de recevoir tous les Oscars, Césars et autres prix d'interprétation. Elle est proprement prodigieuse.



Bravo aussi au petit bébé, on ne le voit pas beaucoup, mais l’intensité de son regard montre que lui non plus ne triche pas.



Comment, vous êtes encore là, vous n'avez pas encore commandé ce film, alors je ne sais plus quoi vous dire !



PS : je crois que je vous l'ai déjà dit, mais j'ai vu aussi « Les petits Mouchoirs ». Vous savez le film qu'on nous a vendu comme un chef-d'œuvre. Eh bien moi, pour parler comme mes petits patients ados que j'aime bien : « ça m'a gavé grave ! ». Je préfère passer beaucoup de temps dans des consultations pénibles avec des petites « Juno », même si parfois, elles m’exaspèrent, j’ai de la tendresse pour elles, mais passer des vacances avec cette bande de bobos qui se regardent le nombril, ah non !

6 commentaires:

zeu a dit…

Les beaux gosses... vaut le détour !

Framboise a dit…

On a vu ce film il y a quelques mois et on a adoré !
Très éducatif sur les "open adoption", pour lesquelles nous sommes si frileux en France (moi la première, je ne m'en cache pas)et puis ce "peps" de l'actrice principale, la détermination de son personnage, c'était frais, nouveau...et mériterait un re-visionnage de ma part !

Nenette a dit…

Sur les open adoption, il faut aussi voir le formidable "Mother and child" avec Annette Bening et Naomie Watts. Ici la jeune maman change d'avis juste après le naissance de son bébé. Plusieurs histoires mêlées, magnifiques.

Anonyme a dit…

Je n'ai pas vu Juno mais Mother and Child est en effet magnifique. Cela dit, dans ce film, les parents ne se rencontrent pas et pour cause. Mais ce qui est bien vu, c'est l'histoire sur deux générations et l'aspect histoires imbriquées. C'est plein de sensibilité et on voit les traces que laisse la dureté d'un tel vécu, de part et d'autre (mère abandonnante, fillette abandonnée). Très bien joué, qui plus est.

Aude a dit…

J'ai adoré Juno (dans la même veine que Little Miss Sunshine, dont le thème est les concours de mini miss aux USA)
Et je suis d'accord avec vous, Doc, les rencontres de mamans sont très riches! Parfois difficiles à encaisser... mais au final, magnifiques!
Et aussi d'accord sur Les Petits Mouchoirs... bof bof bof!!!!

Virgule a dit…

Moi j'avais acheté Juno et un second film tout aussi frai et sympathique: Little miss sunshine. Les deux valent le détour, vraiment, même si le second ne parle pas d'adoption mais d'une famille peu conventionelle où au fond les membres s'aiment... Ce à quoi on aspire tous!