mardi 15 mars 2011

Attestation Universitaire "Accueil et Santé de l'Enfant Adopté, une deuxième année réussie. Je suis

Jeudi vendredi dernier, avait donc lieu la deuxième session de ce petit diplôme universitaire, qui me tient tant à coeur, et que j'essaie de rendre le plus attrayant possible.
Le programme a été, je crois, bien apprécié. J'ai assuré une grande partie des cours, mais j'ai aussi la chance d'avoir quelques intervenants extérieurs de très grande qualité. Ils font partie des grands prénoms de l'adoption et je vous les ai déjà présentés : Aubeline, Hervé et Julien.
Un autre grand moment, a été le vendredi après-midi quand une grande partie des étudiants ont présenté leur petit mémoire sous forme orale : de la diversité, des histoires chaque fois différentes mais toujours intéressantes.
Ce sont aussi les élèves, qui font la qualité de cette formation. Cette année il y avait bien entendu Céline, un autre de mes grands prénoms d'adoption, dont nous avons pu apprécier la qualité du témoignage, mais tous les autres « étudiants » ont aussi apporté beaucoup. C'est beau de soigner, c'est beau aussi d'enseigner.


Et puis si les cours sont très sérieux, rien n'empêche le côté convivial, bien au contraire. Chaque matin, j'arrive avec mon carton de viennoiserie, les jus de fruits, le café, et certains étudiants avaient amenés des spécialités régionales.

Et le jeudi soir, comme l'an dernier, nous sommes tous allés au restaurant ensemble.

Spéciale anecdote pour Brigitte la maman de Lilou : le restaurant était bien entendu un lieu magique de Dijon, chez votre auteur préféré, il nous a bien régalé, et j'ai échangé quelques mots avec lui : nous avons notamment parlé de vous ! Cela méritait bien une petite page de pub.

Je suis donc plein d'enthousiasme, et j'espère que pour l'année scolaire 2011 2012, pouvoir proposer pour la troisième fois cette arrestation universitaire.

Merci encore à ceux qui m'ont aidé pour les cours, et mille mercis à mes « petits » élèves.

Pour les dijonnais, retenez la date du 8 avril !

C'est pour moi une motivation importante dans la communication de l'adoption : donner la parole aux adoptés.
Je l'ai fait lors de la journée Élisabeth Rousseau (dont je vous promets prochainement mon compte rendu « officiel »), je le fais chaque année lors de mon attestation universitaire, et comme je viens de vous dire je suis tout heureux de le faire en mai, au congrès de la Société Française de Pédiatrie.

Et je suis très heureux, lorsque l'adopté, qui "cause", est en plus l'un de mes anciens padawans (ou plutôt anciens thésards).
Le 8 avril à Dijon, invité par EFA 21,c'est Julien, qui donnera une conférence, sur notre grand travail commun : les raisons de la séparation et de l'adoption… Le même sujet que je présenterai aux pédiatres, un mois plus tard.

Venez nombreux écouter ce jeune érudit et passionné.

Une seule précaution : s'il vous propose d'être "ami" sur Facebook, refusez poliment mais fermement……… Dans le cas contraire, vous aurez l'impression de vivre une partie cauchemardesque de Space Invaders, et de lutter désespérément pour que tout votre « mur » ne soit pas envahi par de sardoniques extraterrestres.

L'essentiel est de participer !


Moins prestigieux que Géo, une petite interview que j'ai donnée dans un canard virtuel local, pas mal lu à Dijon, et que vous expliquera les rapports entre l'adoption et le baron Pierre de Coubertin.

Bonne lecture, il vous suffit de cliquer ici.

Ce mois-ci, achetez Géo

Tout le monde connaît le magazine Géo, ce journal qui chaque mois nous balade en quatre pour la planète, cela doit faire quasiment 20 ans que je suis abonné.
Pour le petit monde de l'adoption le numéro du mois mars 2011 est exceptionnel. Tout d'abord, le sujet phare du mois est justement l'adoption. Avec une grande enquête sur l'adoption internationale, le portrait de certaines familles françaises ayant adopté, où il me semble d'ailleurs reconnaître certains des anciens petits patients ! On trouve aussi un reportage sur l'adoption en Chine par les enfants d'oncle Sam. Et enfin, les moyens d'améliorer l'adoption en France et notamment l'accueil, grâce à une meilleure préparation des parents, et un meilleur suivi des enfants. La France, pour mon côté chauvin, est trop souvent présentée comme le mauvais élève, qui reste à la traîne. On oublie qu'en Europe, elle est aussi leader pour des structures, que les autres pays d'accueil nous envient, et qui rassurent les pays d'origine : les consultations d'adoption ! Non mais sans blague !

Toujours dans ce numéro, un reportage et des photos magnifiques, sur la Colombie, je ne connais pas « encore » ce pays, mais en dehors de me fournir plusieurs centaines de petits patients, je sais qu'il s'agit d'un des plus beaux endroits du monde, malheureusement, pour les raisons politiques et de sécurité, le tourisme n'avait pu s'y développer. Il semble que les choses s'améliorent, et les photos que l'on trouve dans Géo, font vraiment envie.

Enfin, c'est hors sujet par rapport à l'adoption, mais c'est un endroit qui compte beaucoup pour l'enfant et adolescent marseillais que je fus, un très beau reportage sur les calanques de Marseille, car contrairement à ce que croient les parigots, les plus belles calanques sont bien à Marseille et non pas à Cassis (charmante petite ville balnéaire qu'il ne faut pas appeler Kassisse, mais bien Kassi, si on veut pas passer pour un parigot).
L'occasion de vous signaler, que mi-mai, se tiendra à Marseille le grand congrès annuel de pédiatrie francophone. J'ai la chance d'y faire une conférence sur la puberté précoce des enfants adoptés. J'ai encore plus la chance de présider une session sur l'adoption, avec une conférence d'Aubeline sur les adolescents adoptés, une de moi-même sur les causes de la séparation de l'adoption, et pour ma plus grande joie, j'ai pu faire inviter les représentants de racines coréennes, qui nous diront tout ce que les adoptés souhaitent entendre de la part de leurpédiatres mais aussi de leur entourage. À ma connaissance, c'est la première fois qu'une association d'adoptés s'exprime dans un congrès aussi important.
Comme j'ai toujours peur de m'ennuyer, j'en profiterai, pour faire, un soir, une petite conférence à EFA 13, sur "mes" fameux ados à la puissance deux.

mercredi 23 février 2011

Mais à quoi pense l'Académie de Médecine ?


J'ai beau être médecin, je vous avoue que je ne suis pas sûr de bien connaître les rôles, le sens, l'historique, ni le mode désignation de l'Académie de Médecine.

A une époque où ce terme prestigieux est bien dénaturé par des émissions télé de grand niveau où on voit toutes sortes d'académie ("des neuf" il y a quelques années qui servait de recyclage à des has-been comiques, "des stars" actuellement qui sert de recyclage à des has-never-been) je pense toutefois que ce Panthéon de la Médecine doit être une bonne et grande institution.... dans le même ordre d'idée que la Grande Académie Française : une assemblée de "vieux sages", j'utilise ce terme sans aucune ironie, mais dans un sens plus anthropologique de pléonasme où la sagesse et l'âge sont considérées comme allant de pair !

Depuis deux-trois jours, les médias parlent pas mal de manières évasives et toujours trop succinctes d'un rapport de l'Académie de Médecine que j'aimerai bien me procurer, qui parlerai d'adoption, et notamment d'en faciliter les démarches....

Surprise... de la part d'ailleurs d'un peu tous les spécialistes de l'adoption qui découvrent ce projet comme tout le monde par le biais des médias....
Le CSA, qui est pourtant l'unité centrale de l'adoption et l'organisme chargé de l'amélioration du sujet n'a pas été contacté.... mais à la grande colère de beaucoup de membres du CSA nous n'avons été que très peu consultés, en tant que CSA lors du séisme haïtien,e t de ce qui s'en est suivi !
Donc, un peu surpris lorsqu'on entend que l'Académie de Médecine critique la longueur des démarches d'adoption.... est-ce leur problème ?

.... en fait, au fur et à mesure des éléments que l'on récupère par bribes, il semble que l'Académie de Médecine se mêle bien de ses oignons, car ce dont elle parle c'est de l'enfance maltraitée et de la longueur (un an) du désintéressement manifeste des familles biologiques, avant que soit prononcé une déchéance des droits parentaux.
Je ne suis peut être pas tout à fait d'accord pour la réduction de ce délai qui me semble utile dans certains cas, où des parents attachés à leur enfant mais en grande détresse (sociale ou psychologique) peuvent avoir besoin de ce délai pour reprendre pied et pouvoir à nouveau "assurer".... par contre, pour aller dans le même sens et jeter un autre pavé dans la mare : j'en ai marre de ces lois qui ne sont jamais (ou presque appliquées) et l'Académie de Médecine a bien raison de pointer du doigt, l'énorme différence entre le nombre d'enfants en délaissement, et ceux qui peuvent être adoptés. Environ 1% des enfants maltraités ou délaissés sont adoptés, j'espère qu'une grande partie d'entre eux, bénéficie d'autres mesures de sécurité : des placement dans des familles d'accueil bienveillantes, voir même aimantes, des placements chez des proches, des placements dans des institutions (là, je tords déjà le nez très fort, car même si j'espère que les institutions sont de bonne qualité, ce n'est jamais la place rêvée pour un enfant surtout au long cours !).

L'Académie de Médecine s'occupe donc du sort des enfants malheureux, et c'est tout à fait son rôle, je la remercie infiniment de secouer le cocotier. C'est d'ailleurs le rôle de chacun d'entre nous, de toute notre société de se préoccuper du bonheur des enfants, la détresse sociale, économique existe, mais bien pire la détresse morale est terrible, nous ne serons jamais chez les Bisounours mais chaque sourire rendu à un enfant est une grande victoire, et chaque enfant malheureux me rend triste, et me donne envie de me battre, ici en France, à Madagascar (vous avez reconnu sur la photo la rencontre qui m'avait bouleversé) ou partout dans le monde.


Une grosse nuance, capitale, importante, qui ne me fera pas que des amis, mais qui est indispensable à préciser pour mon éthique :

Cet article est finalement HORS SUJET SUR L'ADOPTION, il n'a rien à voir, avec le fait que nous sommes dans une période d'entonnoir (beaucoup de demandes et peu d'offres sur l'adoption). Nous parlons là de l'enfance malheureuse pour laquelle l'adoption peut être une solution. Le but de l'adoption faut-il le rappeler est de donner une famille à un enfant et non le contraire, c'est gnan-gnan de le dire, mais capital de le répéter de temps en temps !

Si grâce à l'adoption, les familles adoptantes sont elles aussi heureuses, c'est encore mieux, car cela fait encore plus d'heureux, et cela permet aux petits adoptés de se sentir en sécurité dans un "bon terreau".
Mais excusez le pédiatre que je suis de penser avant tout aux enfants malheureux, combat encore plus cher et utile que celui de l'adoption.

mardi 22 février 2011

Le voilà, il est passé....

Je savais depuis quelques semaines que c'était pour le mois de février. J'étais même sûr que ce serait la semaine dernière. Mais, la semaine dernière, la plupart de mes consultations d'adoption ont été des consultations pré-adoption, consultations fort utiles puisque les enfants proposés dans le champ de l’adoption internationale sont de plus en plus à « particularités ».
C'est donc aujourd'hui, lundi 21 février, que je l’ai vu. C'était un garçon, pas très content de me voir au début, encore moins content de savoir qu’une prise de sang se préparait. Je ne vous cache pas que je suis très fier, car avec la super puéricultrice de la consultation d'adoption nous sommes arrivés à l'apprivoiser, il s'est laissé examiner tout à fait gentiment et a été un très grand garçon sage et sans une larme pour la prise de sang.
C'était un "grand", originaire d'un de mes tous premiers pays d'origine.
Je suis content que cela soit tombé sur lui………………… d'être le 2000e patient de la consultation d'adoption outre-mer.

J'émerge....

Ce blog est un drôle de blog.
A certains moments c'est une véritable logorrhée avec de nombreux messages "mitraillette", à d'autres c'est : silence radio. Je viens de vous faire un gros silence radio, car depuis un petit peu plus de trois semaines, j'étais hors service. Je ne pense pas que ce soit la grippe mais plutôt un sacré virus de bronchiolite le tout mon terrain asthmatique, à déclencher des épisodes de toux et d'essoufflement qui m'ont mis un petit peu à plat. Cela a commencé la veille de la journée Élisabeth Rousseau. Heureusement ce jour-là, j'étais en pleine forme, l'adrénaline fait bien les choses. Donc depuis trois semaines, je fais le boulot, les consultations, les gardes, les courriers (pour une fois je ne suis pas comme Gaston et je n'ai pas de retard), et puis s'occuper des petits Bourguignons qui ont des bronchiolites et des gastro-entérites..... mais pour le blog pas trop la force ni le courage. Pourtant plein de choses à vous raconter et notamment le grand succès de la journée Élisabeth Rousseau, grâce au dynamisme de la jeune chambre économique que je ne remercierai jamais assez. Je pars bientôt en vacances et dès mon retour je vous promets une série mitraillette de billets.