mardi 3 novembre 2009

Jack


Un nouveau grand prénom de l'adoption.
Si à travers lui, je veux rendre hommage à tous ceux qui de par le monde s'occupent directement des enfants sans parents et font tout leur possible pour que les adoptions, les chamboulements se fassent le mieux possible, c'est quand même bien à Jack lui-même que je veux rendre hommage.
Il y a une semaine, je ne le connaissais pas, et gentiment, il est venu faire la sirène, auprès de Hervé (vous saurez plus tard qui est Hervé) et moi. Et il est dur de résister aux sirènes. Pour mon dernier jour à Madagascar, Mon départ était fixé au soir même, j'avais prévu d'être raisonnable et d'écouter les allocutions du jour, sur le dispositif français, l'agrément, les textes de loi, etc, etc.... Choses faites par deux membres du CSA que je connais bien, et dont je connais bien le discours. C'était un peu pour les soutenir, beaucoup pour faire acte de présence auprès des organisateurs et des responsables malgaches qui étaient venus nous écouter. Mais si j'avais donné de ma personne la veille, étant un maximum disponible, ce rôle de soutien muet me tentait moins et j'ai écouté les sirènes, qui me proposait la visite du "Tana interdit" et d'un orphelinat...
Le fait que la-dite sirène soit un officier de cavalerie en retraite (chose qui n'est pas en soi un de mes idéaux érotiques) n'a pas été un leurre, tout ce que j'ai vu pendant cette journée intense grâce à Jack a été exceptionnel, en terme de beauté, de joie, de tristesse aussi. De l'émotion à la louche.

Sois en remercié Jack, dans un prochain message, je vous ferai connaître son métier, celui que maintenant, je rêve de faire... à ma retraite....

lundi 2 novembre 2009

Un peu de tourisme






La seule partie touristique au sens propre du terme s'est déroulée le mardi soir après mon allocution au colloque, j'ai pu m'échapper en toute fin d'après-midi, et tant qu'à avoir peu de temps autant faire un "must", et à Antananarivo que visite-t-on en premier lieu ? Le Rova (cela se prononce rouv'), le palais de la reine.
En fait depuis qu'il a été victime d'un incendie criminel lors d'une des coups d'état qui se sont succédés à Madagascar, il ne se visite plus trop, il est en réparation et on ne peut rentrer à l'intérieur.
Comme Paris, Rome, Lyon ou bien d'autres villes Tana a été construite sur plusieurs collines Le Rova, la demeure royale les domine toutes, et une fois sur place on a une vue magnifique sur la vile, au loin les autres collines dont celles du Père Pedro, plus proches de vieilles maisons délabrées mais qui gardent un grand charme. Entre les collines, une devinette amusante : quelles sont les cultures bien vertes que l'on aperçoit au centre ville ? Un indice pour mes confrères : douve.
Et bien entendu il ne faut pas rater le cliché du coucher de soleil (ouf mission accomplie).
A l'heure fatidique du coucher de soleil, nous devions être 4 touristes... et une multitude de petits jeunes nous proposant toutes sortes de service : garder notre taxi, nous guider pour nous montrer les différentes vues et les différents monuments.
Il est triste de voir un pays aussi beau, au tel potentiel, être dans une telle détresse.
Imaginez 4 touristes au pied de la Tour Eiffel !

Colloque Adoption à Madagascar


Très content, le docteur d'avoir participé à ce colloque pour toutes les raisons que j'ai déjà expliqué.
De plus c'était un bel exemple de collaboration franco-malgache. J'espère avoir transmis pas mal de bonnes nouvelles : d'abord que la plupart des petits malgaches adoptés en France vont bien, sont bien intégrés, ont des familles aimantes et amoureuses de Madagascar, peuvent bénéficier d'un suivi de qualité et du soutien d'une association de parents efficace : l'APAEM.

Mais en plus car j'ai appris des choses, et ça c'est toujours bon à prendre. Par exemple, ma très sympathique collègue pédiatre (avec qui j'ai été ravi d'échanger), Madame le Pr Robinson m'a appris que dans sa maternité près de 2% des enfants naissaient avec un Syndrome d'Alcoolisme Foetal, ce que m'a confirmé mon passage en supermarché, un demi litre de rhum de mauvaise qualité coûte un peu plus de 1000 Ariary (30 à 40 centimes d'euro !) le même prix qu'un kilo de riz, mais avec le riz on n'oublie pas...

Ma première conférence portant sur la santé de l'enfant adopté a bien intéressé, beaucoup d'auditeurs étaient surpris d'entendre parler de la puberté précoce, qui touche particulièrement beaucoup de petites malgaches après leur adoption, car justement avant l'adoption rien ne laisse deviner cette évolution !

Quant à ma deuxième conférence, elle a encore plus plu : le devenir des enfants malgaches. Le public, essentiellement des responsables d'orphelinat et des médecins ne croyait déjà plus aux folles rumeurs, que l'on entend encore dans l'adoption : enfants victimes de trafics d'organes ou adoption pour avoir des petits esclaves...
Mais c'est vraiment un devoir pour les pays d'adoption de donner des nouvelles aux pays d'origine. Je suis fier d'avoir été pour cette fois ce messager, et je suis prêt à le faire pour d'autres pays. Dans un prochain post, vous aurez droit à un résumé de cette intervention. Mais ce qui m'a vraiment fait plaisir c'est de voir les auditeurs réjouis de retrouver leur orphelinat dans ma liste et de savoir ce que sont donc devenus les enfants qu'ils ont confiés des années plus tôt. Certain sont venus m'en demander plus, et ayant amené mon fichier, j'ai pu leur donner plus de détails en aparté sur les anciens petits pensionnaires...

vendredi 30 octobre 2009

Le jour où j'ai rencontré le Père Pedro



Je vais vous parler de la première rencontre qui m'a bouleversé pendant mon voyage à Madagascar, cela faisait seulement quelques heures que j'avais débarqué et j'ai eu l'immense immense honneur de rencontrer un homme exceptionnel.

Essayez d'imaginer que vous pouvez passer quelques instants avec quelqu'un que vous admirez, quelqu'un qui est pour vous un modèle, quelqu'un qui réalise des choses inimaginables, et vous comprendrez ce que j'ai ressenti.
Pour moi cela aurait pu être Thierry Dusautoir, David Lodge, JMG Le Clézio ou Bono, un excellent rugbyman, un écrivain débordant de talent, ou une rockstar humaniste et talentueuse. J'ai vécu bien mieux que cela, j'ai pu rencontrer : le Père Pedro. J'ai pu parler quelques dizaines de minutes avec lui, j'ai même quelques photos avec lui et des enfants. Ces enfants malgaches qui comptent tant pour lui pour lesquels il a déplacé des montagnes, au sens figuré mais aussi au sens propre. Certaines collines autour d'Antananarivo sont marquées par le Père Pedro, parce qu'il y a fait creuser des carrières pour subsister ou parce qu'il y a construit des villages.

Le Père Pedro n'est pas encore très connu en France, et pourtant, et pourtant.... Vous savez, ou vous vous doutez que je suis un catho, un catho qui aime plutôt le concret, l'action plus que l'oraison (je disais auparavant que je comprenais mieux Mère Térésa que Sainte Thérèse de Lisieux, mais je ne connaissais pas assez la petite Thérèse). Dans la religion, dans l'action, Père Pedro c'est du concret de chez concret ! Mon admiration pour lui n'est pas due à une concordance religieuse mais parce que je suis tout simplement époustouflé par ce qu'a pu réaliser ce bonhomme. Cet homme est chaque année un des favoris pour le Nobel de la Paix, je crois qu'il s'en fiche, sauf que la somme remise au lauréat lui permettrait d'acheter quelques tonnes de riz ou de ciment et que la notoriété supplémentaire permettrait de récolter plus de fonds. Si vous voulez en savoir plus sur ce personnage exceptionnel allez là.
Ou encore mieux lisez ces livres : "Pere Pedro - Combattant de l'espérance - autobiographie d'un insurgé" éditions J.C. Lattès, 2005, et "Pere Pedro - Journal de combat" éditions J.C. Lattès, 2008. Attention vous ne sortirez pas indemne d'une telle lecture.
Il aide des gens à vivre mais surtout à vivre debout avec un travail, avec dignité, sa grande fierté c'est le nombre d'enfants scolarisés, le nombre de bacheliers. Comme ce sont les plus fragiles qui sont accueillis beaucoup de femmes, encore plus d'enfants, sans les hommes (qui ont baissé les bras, abandonnant leurs famille) Akamasoa a besoin de votre aide et pour cela, il faut aller là.

J'avais pu récolter du matériel médical, des appareils à tension, un appareil à faire des Electro Cardio Gramme, grace à l'intelligence de la responsable de l'Etablissement Français du Sang qui plutôt que jeter ce matériel réformé mais en bon état se doutait qu'il pourrait servir à d'autres ! Ma petite famille avait aussi vider les placards de nombreux petits jouets. J'étais donc chargé comme un âne, à la limite du maximum autorisé par Air Mada... J'avais prévenu de mon arrivée avec ce matériel et j'ai débarqué à Akamasoa le lundi après-midi. J'ai pu enfin vider ma valise, dont le contenu a été bien accueilli, des permanentes et volontaires du village me l'ont fait visiter. On est frappé par la sérénité de ce lieu, sa dignité (encore une fois ce mot qui colle tant à l'endroit). J'ai pu visiter l'école maternelle, l'atelier de broderie, le stade, le magasin.

Et puis, au bout d'un moment, j'ai vu arriver le Père Pedro. Un physique de force de la Nature, une voix rocailleuse avec un accent slovéno-argentin inimitable, des formules qui font mouche : "450 élèves de maternelle en trois classes qu'est ce que vous en dites docteur, en France, je serai en prison pour cela !" "C'est l'Esprit-Saint qui me guide, l'Esprit-Saint depuis 20 siècles on aimerait le formater, mais on n'y arrive pas, il est sans arrêt en mouvement, on aimerait lui dire : ééééh arrête un peu, mais on n'y arrive pas, il bouge sans arrêt".

Nous sommes sortis pendant la récréation des petits de la maternelle, et avons été entouré par une nuée de petits sourires et la passion est réciproque, ils étaient tous à se précipiter autour de Père Pedro à l'appeler "Monpera, Monpera" (mon père) et lui était rayonnant, son discours sur les enfants et sa motivation qui tient grace à eux sont sources d'espoir. J'ai eu quelques miettes : des sourires, des "Monpera" aussi pour moi, ce qui a beaucoup fait rire le vrai père. Et un petit malin qui m'a tendu ses bras en courant avec un si beau sourire, j'ai craqué et il s'est retrouvé dans mes bras d'où il pouvait toiser les copains.

Nous avons aussi parlé un peu d'adoption, la position de la communauté d'Akamasoa ne m'a pas surpris, et elle est logique avec tout ce qui se fait là-bas. On préfére "adopter des familles entières" et confier l'enfant qui n'a plus ses parents à la famille élargie, la communauté, ce qui dans cette structure est la meilleure solution. Nous avons aussi pas mal parlé de l'Arche de Zoé, son indignation m'a fait plaisir.

Et puis j'ai dû partir, je ne vous dis pas à quels points ses encouragements à continuer mon boulot m'ont ému.

Il y a des jours comme cela, des jours que l'on oubliera jamais.

Premières odeurs, Premières visions, Premières impressions



Le voyage à Madagascar commence dès la gigantesque queue à Roissy, avant de se faire enregistrer sur le vol d'Air Pingouin, on attend avec le sourire, patiemment en discutant du pays avec les voisins. cela permet de passer plus vite.
On ne va pas dire que les 10-12h de vol (plus les deux bonnes heures de retard au départ... et à l'arrivée) sont une partie de plaisir, mais j'ai rarement vu des stewards aussi gentils.

Aéroport-Taxi-Passage rapide à l'hôtel pour douche- rasage- lavage de dents et habits propres. Puis enfin on arrive au colloque après avoir connu pendant de longues heures les bouchons d'Antananarivo.

La surprise, entre les bouchons à la sortie de l'aéroport, et les bouchons à l'entrée (et à l'intérieur de Tana, il y a des rizières, oui, oui des rizières des vraies à deux pas du centre ville !

Et dès l'aprés-midi départ discret du congrès pour mieux y revenir, mais une rencontre incroyable m'attendait..... à suivre

jeudi 29 octobre 2009

Quel est le métier de cette petite fille ?



Ceux qui sont déjà allés à Madagascar n'ont pas le droit d'en parler.
La réponse arrivera d'ici quelques jours, je vous laisse méditer.

Trois jours qui comptent pour cent



Me voila de retour de mon voyage express de Antananarivo, la grande, belle et troublante capitale malgache.

Express mais pas bref, j'en ai pris plein les yeux, plein le nez, plein les oreilles, plein les tripes et surtout plein le coeur.

Je vais vous parler de deux rencontres qui m'ont bouleversées, d'un nouveau grand prénom de l'adoption à qui je veux rendre hommage, des attentes des autorités malgaches et d'un tout petit peu de tourisme.

Un peu de patience, il va me falloir quelques jours pour "décanter" !